L’épreuve, le stage et le rapport : ce qui vous attend
Ce que tu sauras faire : Situer l’épreuve n° 13 parmi les épreuves du DCG, énoncer ce que l’arrêté exige du stage et du rapport, compter les pages de chacune de ses trois parties, choisir un sujet de partie structurée relié à au moins une unité d’enseignement du DCG, et tenir le tableau d’usage de l’intelligence artificielle que la charte impose.
Identifier ses besoins d’information.
Répertorier les principales sources documentaires adaptées au contexte.
Évaluer la qualité d’un document et de ses sources.
Utiliser un outil de recherche d’informations adapté à son besoin
Sensibiliser à la démarche d’enquête qualitative et/ou quantitative
Sélectionner un outil collaboratif adapté au contexte pour partager la recherche d’information.
Nature et type des informations recherchées
Caractéristiques des sources d’information et de leurs modes d’accès : documents et fichiers internes à l’organisation, bibliothèques, sites internet
Critères de sélection d’une source documentaire de qualité : pertinence, biais, fiabilité, traçabilité, actualité, coût et délai d’obtention des informations
Présentation et utilisation d’outils de recherche de l’information dans l’espace numérique de travail : mots clés, filtres, moteurs de recherche outils d’intelligence artificielle, outil de réalisation d’une enquête
Outils de travail collaboratif
L’utilisation de banques de données n’est pas attendue.
Il est attendu une capacité à prendre du recul sur les résultats obtenus à l’issue de l’utilisation d’un outil de recherche documentaire
La sensibilisation à la démarche d’enquête ne suppose pas d’entrer dans le détail de la démarche statistique ni dans l’évaluation précise des biais, mais de donner les moyens à l’étudiant qui le souhaite d’en réaliser une dans le cadre de son rapport.
Le programme ne comprend pas les méthodes d’échantillonnage.
Les différents types d’entretien et leurs méthodes d’administration ne sont pas exigés.
Les méthodes quantitatives sont abordées en DSCG.
1Une épreuve qui ne ressemble à aucune autre
Douze des treize unités du DCG se terminent par une épreuve écrite : on s’assied dans une salle, on reçoit un sujet, on rend une copie. L’UE 13 ne fonctionne pas ainsi. Il n’y a ni sujet à découvrir le jour dit, ni copie à rendre, ni session d’écrit. Il y a un rapport que vous déposez, et une soutenance que vous passez devant une commission.
Cette différence n’est pas un détail d’organisation : elle commande toute votre année. Une épreuve écrite se prépare en révisant ; celle-ci se prépare en fabriquant un document, pendant plusieurs mois, à partir d’un stage que vous devez d’abord trouver. C’est pourquoi ce chapitre vient en premier, et c’est pourquoi il est en accès libre.
L’article 10 de l’arrêté du 4 août 2025 décrit l’épreuve n° 13, Communication professionnelle, comme une « épreuve orale de soutenance d’un rapport de stage dont la durée est d’au moins huit semaines ou d’un rapport portant sur une expérience professionnelle au moins équivalente ». Sa durée est de « 1 heure maximum », son coefficient est de 1, et elle vaut 12 crédits européens. L’article 15 en fixe l’entrée en application à la session 2027.
EN CLAIR, quatre choses. Un, l’épreuve est orale : ce que vous direz devant la commission compte, au même titre que ce que vous aurez écrit. Deux, elle porte sur un rapport de stage — le stage n’est pas une formalité annexe, c’est la matière même de l’épreuve. Trois, une heure est un maximum, pas une durée garantie : la commission peut vous libérer avant. Quatre, ces règles s’appliquent à compter de la session 2027 ; les sessions antérieures obéissaient à un texte différent, et c’est une source d’erreur que ce chapitre signalera plusieurs fois.
La soutenance est l’entretien au cours duquel vous présentez oralement votre rapport à une commission d’interrogation, puis répondez à ses questions. Ce n’est ni un exposé de cours, ni un oral de rattrapage : la commission a lu votre rapport, elle vous demande de l’éclairer, de le justifier et de prendre du recul sur lui.
L’usage constaté partage l’heure en un exposé d’environ quinze minutes suivi d’un entretien. Cet usage n’est pas une règle : l’arrêté ne fixe qu’une durée maximale d’une heure, et rien d’autre.
| Dans les douze autres unités | Dans l’UE 13 | Ce que cela change pour vous |
|---|---|---|
| Un sujet distribué le jour de l’épreuve | Un rapport que vous écrivez pendant des mois | Le travail commence un an avant, pas la veille |
| Une copie anonyme, interchangeable | Un document signé, adossé à un stage réel que vous avez vécu | Personne ne peut le faire à votre place, et aucun modèle ne peut être recopié |
| Des annales et des éléments indicatifs de corrigé | Ni sujet ni corrigé : l’arrêté n’en prévoit pas, et nous n’avons trouvé aucune annale, après six lectures | Il n’y a rien à réviser la veille ; il y a un dossier à construire |
| Trois ou quatre heures d’écrit | Une heure au plus, en face d’une commission | Votre voix, votre posture et vos réponses font partie de la note |
| Un barème publié avec le corrigé | Un barème détaillé que nous n’avons trouvé dans aucun texte officiel, après six lectures | On ne joue pas les points : on répond point par point à ce que l’arrêté demande |
Le coefficient et les crédits européens ne mesurent pas la même chose, et les confondre coûte cher.
Le coefficient pèse votre note dans la moyenne qui décide de l’obtention du diplôme. Il vaut 1 pour l’épreuve n° 13.
Les crédits européens mesurent la charge de travail reconnue par le système européen de transfert de crédits. L’UE 13 en apporte douze, et ces douze crédits ne s’obtiennent qu’en validant l’unité.
Autrement dit : une unité dont le coefficient est modeste peut vous empêcher d’obtenir le diplôme aussi sûrement qu’une autre. Le raisonnement qui consiste à sacrifier l’UE 13 parce que son coefficient est de 1 revient à renoncer à douze crédits pour économiser quelques semaines de travail.
Une dernière précision, qui évitera bien des confusions. L’arrêté ouvre l’épreuve à deux situations : le stage proprement dit, et une expérience professionnelle au moins équivalente. Un candidat qui travaille déjà dans un service comptable peut donc bâtir son rapport sur son emploi, à condition que cette expérience réponde aux mêmes exigences de durée et de lieu. Le reste du chapitre parle de stage pour alléger la phrase ; tout ce qui suit vaut aussi pour l’expérience professionnelle.
Une soutenance orale, une heure au maximum, coefficient 1, 12 crédits européens, applicable à compter de la session 2027 — portant sur un rapport que vous aurez écrit vous-même, à partir d’un stage d’au moins huit semaines.
2Le stage : huit semaines, un lieu, trois buts
Avant le rapport, il y a le stage. L’arrêté ne le laisse pas au hasard : il en fixe la durée minimale, il en énumère les lieux possibles, et il lui assigne trois buts. Ces trois éléments sont des conditions de recevabilité : un stage trop court, ou accompli ailleurs que dans les lieux prévus, ne peut pas servir de support au rapport.
L’annexe 1 de l’arrêté écrit, à la page 128 : « Le stage (ou l’activité professionnelle servant de référence) doit être accompli dans un cabinet d’expertise comptable ou dans les services comptables et financiers d’une entreprise, d’une collectivité publique ou d’une association, en France ou à l’étranger. La durée du stage est d’au moins 8 semaines. »
EN CLAIR : huit semaines est un plancher, pas un objectif. Rien n’interdit un stage plus long, et un stage plus long donne plus de matière. Le lieu, lui, est limité à une liste : un cabinet d’expertise comptable, ou bien les services comptables et financiers d’une entreprise, d’une collectivité publique ou d’une association. C’est le service qui compte, pas le secteur : un stage au service commercial d’une grande entreprise ne convient pas, un stage au service comptable d’une association convient. Et l’étranger est expressément admis.
L’annexe 1 poursuit : le stage a pour but « de permettre au candidat de prendre contact avec le monde professionnel », « d’observer le fonctionnement d’une organisation et de le rapprocher des connaissances acquises au travers des programmes des différentes unités d’enseignement et actualisées notamment par le biais d’une veille informationnelle », et « d’appliquer les concepts et les méthodes décrites dans le programme de cette unité d’enseignement ».
EN CLAIR, ces trois buts sont la grille de lecture de votre rapport, et vous avez tout intérêt à les relire avant d’écrire la moindre ligne. Le premier justifie que vous racontiez ce que vous avez découvert du métier. Le deuxième exige que vous rapprochiez ce que vous avez vu de ce que vous avez appris dans les autres unités : c’est lui qui fonde l’obligation de relier votre sujet à au moins une unité d’enseignement du DCG. Le troisième vous impose d’appliquer le programme de l’UE 13 elle-même — chercher de l’information, la vérifier, la citer, écrire et parler en professionnel.
Notez le deuxième but jusqu’au bout : il nomme expressément la veille informationnelle, que le chapitre 3 vous apprendra à tenir.
L’attestation est le document que votre employeur ou votre maître de stage signe, et qui certifie trois choses : la période du stage, le lieu du stage, et la nature des missions qui vous ont été confiées.
Elle n’est pas une pièce administrative de plus. C’est elle qui prouve que les huit semaines ont bien eu lieu, et c’est elle qui rend votre rapport recevable. Une attestation qui oublierait de décrire les missions ne certifierait que la moitié de ce que l’arrêté demande.
MARGUERITE LEROY, le cabinet AUBERTIN & ASSOCIÉS et tout ce qui les concerne sont fictifs : ils ont été inventés pour ce manuel, et servent d’exemple d’un bout à l’autre.
MARGUERITE LEROY est en troisième année de DCG. Elle effectue huit semaines de stage au cabinet AUBERTIN & ASSOCIÉS, cabinet d’expertise comptable de province : quatre experts-comptables, vingt-deux collaborateurs, six cents dossiers.
Son travail y consiste d’abord en de la saisie et des rapprochements bancaires, puis, à partir de la troisième semaine, en la préparation de dossiers de révision et en l’assistance à deux rendez-vous clients. Le lieu entre dans la liste de l’arrêté — un cabinet d’expertise comptable — et la durée atteint le plancher de huit semaines.
Le lieu. Un stage dans un service qui n’est ni comptable ni financier ne répond pas à l’arrêté, si intéressant soit-il.
La durée. Sept semaines ne font pas huit. Le plancher est écrit en toutes lettres, et il ne se négocie pas.
Les missions. Un stage de huit semaines passé à classer des archives satisfait à la lettre du texte, mais ne donne rien à raconter : ni observation du fonctionnement de l’organisation, ni concept à appliquer. Négociez vos missions au début, quand c’est encore possible.
Prendre contact avec le monde professionnel — observer le fonctionnement d’une organisation et le rapprocher des autres unités — appliquer les concepts et méthodes de l’UE 13. Contact, observation, application : trois verbes, trois parties de votre rapport.
3Le rapport : ce qu’on dépose, et le compte des pages
Le rapport n’est pas un texte libre. L’arrêté en fixe la composition pièce par pièce et le nombre de pages partie par partie. Ce compte de pages est la première chose que la commission vérifie, et c’est aussi le premier reproche que les jurys formulent.
L’annexe 1 écrit, à la page 129 : « À l’issue du stage, le candidat doit produire un rapport comprenant les éléments suivants : l’attestation de (ou des) l’employeur certifiant la période et le lieu de stage (ou d’activité professionnelle) servant de référence au rapport ainsi que la nature des missions confiées ; un développement de 40 pages maximum comprenant trois parties distinctes. »
EN CLAIR, le rapport se compose de deux blocs, et pas d’un seul. Le premier est l’attestation : une pièce signée, qui ne compte pas dans les quarante pages. Le second est le développement, et c’est lui qui est plafonné à quarante pages, en trois parties dont les objets sont distincts et les longueurs fixées séparément. Le mot maximum est écrit trois fois dans cette page de l’arrêté : dépasser n’est pas une audace, c’est un manquement.
| La partie | Ce que l’arrêté lui demande | Son maximum, en pages |
|---|---|---|
| Partie 1 | Présentation de l’organisation dans laquelle le stage s’est déroulé, et des missions effectuées | 6 |
| Partie 2 | Présentation et analyse d’une situation de communication professionnelle vécue ou observée | 4 |
| Partie 3 | Une partie structurée développant un sujet en rapport avec au moins une unité d’enseignement du DCG, hors annexes et bibliographie | 30 |
| Le développement, au total | 40 |
La partie 3 est la seule à porter un plancher : vingt pages. Un développement peut donc légitimement compter entre trente et quarante pages — 6 + 4 + 20 au plus bas, 6 + 4 + 30 au plus haut.
Trois précisions se lisent dans le texte et méritent d’être posées tout de suite. Un : les quarante pages sont celles du développement, non du fichier entier — la page de garde, le sommaire et l’attestation n’y entrent pas. Deux : la partie 3 se compte hors annexes et bibliographie, ce qui veut dire que ces deux ensembles existent et qu’ils sont attendus. Trois : rien n’autorise à compenser une partie par une autre. Les trois plafonds sont indépendants.
- 10 pages de présentation
- 30 pages de développement
- Aucune partie consacrée à une situation de communication
- 6 pages de présentation
- 4 pages sur une situation de communication, partie nouvelle
- 20 à 30 pages de partie structurée, hors annexes et bibliographie
Cette comparaison est le piège le plus coûteux de l’année. Les modèles, les conseils et les rapports d’étudiants que vous trouverez en ligne ont, pour l’immense majorité, été écrits sous l’ancien format : dix pages de présentation, trente pages de développement, et rien sur la communication. Un candidat qui les suit produit un rapport hors format et sans sa deuxième partie. La partie 2 est nouvelle ; elle n’a aucun équivalent dans l’ancien texte.
Une situation de communication professionnelle est un moment précis, daté et localisé, où de l’information a circulé entre des personnes dans un cadre de travail : un rendez-vous client, une réunion d’équipe, un courriel qui a mal été compris, la relance d’un dossier en retard.
La partie 2 vous demande de la présenter — qui, quand, quoi, dans quel but — et de l’analyser, c’est-à-dire de dire pourquoi elle a fonctionné ou échoué. Quatre pages, c’est court : une seule situation, choisie parce qu’elle a quelque chose à apprendre. Le chapitre 4 y est consacré en entier.
La partie 3 se compte hors annexes et hors bibliographie. Cela n’autorise pas à vider la partie 3 dans les annexes pour tenir dans les trente pages. Une annexe porte une pièce justificative : un extrait de balance, un organigramme, une grille d’entretien. Elle ne porte pas un morceau de raisonnement.
Une commission qui trouve l’analyse en annexe et la description dans le corps du texte lit exactement l’inverse de ce que l’arrêté demande. La bibliographie, elle, est attendue, et son absence figure parmi les reproches les plus constants des jurys.
Attestation (hors compte) — puis un développement de 40 pages au maximum : 6 pages de présentation, 4 pages de situation de communication, 20 à 30 pages de partie structurée hors annexes et bibliographie. 6 + 4 + 30 = 40.
4Le sujet de la partie structurée : le point qui décide de la note
Si vous ne deviez retenir qu’une phrase de ce chapitre, ce serait celle-ci. Le sujet de votre partie 3 doit être directement en rapport avec au moins une unité d’enseignement du DCG. Ce n’est pas un conseil de méthode : c’est le texte de l’arrêté. Et c’est la condition qui décide de la valeur de vingt à trente pages sur quarante.
L’annexe 1 écrit : « Une partie structurée de 20 à 30 pages au maximum (hors annexes et bibliographie) développant un sujet directement en rapport avec au moins une UE du DCG et les observations et/ou tâches effectuées par le stagiaire et permettant à ce dernier de faire preuve de réflexion et recul. »
EN CLAIR, cette phrase impose trois liens à la fois, et il faut les tenir tous les trois. Un : un lien avec au moins une unité d’enseignement du DCG — droit, fiscalité, comptabilité, finance, contrôle de gestion, systèmes d’information, peu importe laquelle, mais il en faut une, et il faut la nommer. Deux : un lien avec ce que vous avez vous-même observé ou fait pendant le stage — un sujet traité en bibliothèque, sans ancrage dans le cabinet ou l’entreprise, ne répond pas. Trois : de la réflexion et recul, autrement dit une prise de position argumentée, et non un exposé neutre.
Un sujet qui ne tient qu’un des trois liens produit vingt à trente pages hors sujet.
| Le sujet envisagé | Lien avec une unité d’enseignement | Lien avec le stage | Réflexion et recul | Le verdict |
|---|---|---|---|---|
| L’histoire de la profession comptable en France | Faible : aucune unité ne l’exige | Aucun | Possible, mais sans objet | À écarter : trois liens sur trois manquent ou sont faibles |
| Le passage du cabinet à la facturation électronique | Fort : systèmes d’information, et fiscalité | Fort si vous y avez participé | Fort : le sujet oppose des choix | À retenir, si vous y avez réellement travaillé |
| Description des huit semaines, semaine par semaine | Aucun | Total | Aucun | À écarter : c’est la partie 1, et elle fait six pages |
| La révision des comptes clients dans un dossier de province | Fort : comptabilité approfondie et audit | Fort : c’est votre tâche quotidienne | Fort : les méthodes du cabinet peuvent être discutées | À retenir |
MARGUERITE LEROY et le cabinet AUBERTIN & ASSOCIÉS sont fictifs.
MARGUERITE relève dans son journal de bord que la même difficulté revient chaque semaine : les pièces justificatives que les clients artisans envoient au cabinet arrivent en retard, incomplètes, et par quatre canaux différents.
Le thème : la collecte des pièces chez les petits clients. L’unité de rattachement : l’UE 8, systèmes d’information de gestion, et accessoirement l’UE 10 pour la révision. La question, en une phrase : le portail de dépôt mis en place par le cabinet AUBERTIN & ASSOCIÉS a-t-il réduit le délai d’obtention des pièces chez les clients artisans ? Et, si oui, à quel prix pour la relation client ?
La question tient les trois liens : une unité nommée, une tâche qu’elle a réellement accomplie, et un arbitrage à trancher — donc de la réflexion et du recul.
Le choix du sujet commande ensuite tout votre travail d’information. Il faut identifier ce qu’il vous manque, répertorier les sources documentaires adaptées, évaluer la qualité d’un document et de ses sources sur des critères explicites — pertinence, fiabilité, actualité — et utiliser un outil de recherche adapté à ce besoin. C’est tout l’objet du chapitre 2, et la nature même des informations recherchées y est examinée avant tout outil.
Un mot enfin d’une possibilité que l’arrêté ouvre expressément et que peu de candidats exploitent : la démarche d’enquête. Si votre sujet s’y prête, rien ne vous interdit de mener une enquête qualitative ou quantitative dans l’organisation — quelques questions posées aux vingt-deux collaborateurs d’un cabinet donnent une matière que personne d’autre n’aura. Le programme précise seulement qu’il ne s’agit pas d’entrer dans le détail de la démarche statistique.
Décrire n’est pas analyser, et c’est le reproche que les jurys formulent le plus souvent.
Décrire, c’est écrire ce qui s’est passé : le cabinet reçoit les pièces, les saisit, révise les comptes.
Analyser, c’est écrire pourquoi cela se passe ainsi, ce que cela coûte, ce qui aurait pu se passer autrement, et ce que vous en concluez.
Le test est simple : une phrase qui pourrait figurer dans une plaquette commerciale du cabinet est descriptive. Une phrase qui engage votre jugement, et qu’un autre stagiaire pourrait contester, est analytique.
5La charte d’usage de l’intelligence artificielle
Le SIEC a publié une charte d’usage de l’intelligence artificielle pour les diplômes comptables supérieurs, applicable au DCG à compter de la session 2027 — c’est-à-dire dès la première session du nouveau programme. Elle ne vous interdit pas d’employer ces outils : elle vous impose de dire lesquels, pour quoi faire, et où.
La charte reconnaît à l’intelligence artificielle un rôle d’« outil d’assistance à la mise en forme du livrable, de génération d’idées ou de pistes de travail lors de la rédaction ». Elle admet qu’elle puisse « assister la lecture, faciliter la synthèse et jouer un rôle d’assistant linguistique ou de recherche ». Elle pose aussitôt la condition : « Les documents générés doivent faire l’objet d’une relecture critique et attentive », sources vérifiées et citées. Et elle marque la limite : l’intelligence artificielle « ne saurait se substituer à l’analyse critique et à la réflexion personnelle » et « ne doit en aucun cas être utilisée pour fabriquer ou falsifier des données ».
EN CLAIR : vous pouvez vous en servir pour chercher, pour comprendre, pour synthétiser et pour mettre en forme. Vous ne pouvez pas lui faire écrire votre réflexion, parce que c’est exactement ce que l’arrêté vous demande de produire vous-même — faire preuve de réflexion et recul. Et vous ne pouvez en aucun cas lui faire produire un chiffre, une citation ou une source qui n’existe pas : c’est de la fabrication de données, et elle est sanctionnée.
La condition de relecture critique est la plus importante en pratique : tout ce qu’un outil vous rend, vous devez le vérifier ligne à ligne, parce que c’est vous qui le signez.
La charte demande au candidat de présenter « de manière précise et exhaustive, les usages de l’IA dans un tableau qui sera la première annexe de chaque livrable ». Ce tableau porte trois colonnes : le type d’usage, un bref descriptif de l’usage, et les pages concernées.
EN CLAIR : la déclaration n’est ni facultative, ni discrète. C’est un tableau, et il ouvre vos annexes. Trois colonnes, ni plus ni moins : de quel type d’usage il s’agit, ce que vous avez fait précisément, et à quelles pages du rapport cela se voit.
La charte range ces usages en quatre types, désignés par les lettres A, B, C et D. Nous ne publions pas ici la liste de ce que chaque type recouvre : nous avons lu la charte deux fois, et nos deux lectures divergent sur ce point. Reportez-vous à la charte elle-même, sur le site du SIEC, et recopiez-en les libellés exacts — c’est le seul document qui fasse foi.
| Le type d’usage | Bref descriptif de l’usage | Les pages concernées |
|---|---|---|
| à reprendre de la charte, sur le site du SIEC | ce que vous avez demandé à l’outil, et ce que vous en avez fait | les pages du rapport où cela se voit |
| à reprendre de la charte | un usage par ligne : n’en regroupez pas deux | une plage de pages, ou une page isolée |
| à reprendre de la charte | si vous avez vérifié et corrigé la sortie, dites-le ici | et jusqu’à la dernière ligne du rapport |
La charte prévoit, en cas d’usage frauduleux, de plagiat, de falsification de données ou d’absence de mention claire de l’usage de l’intelligence artificielle, une note éliminatoire et une convocation devant une commission disciplinaire.
EN CLAIR : ce n’est pas un retrait de points, c’est la fin de l’épreuve, et une procédure en plus. Le plagiat et l’absence de déclaration sont mis sur le même plan : ne rien dire d’un usage réel est traité aussi sévèrement que copier.
C’est aussi la raison pour laquelle ce manuel ne vous donne aucun modèle de rapport à recopier. Un modèle recopié est un plagiat ; nous ne publions que des gabarits — des structures vides et commentées — et des exemples explicitement fictifs.
Un outil d’intelligence artificielle produit volontiers une référence d’allure parfaite — un auteur, un titre, une année, un éditeur — qui ne correspond à aucun ouvrage existant. Une bibliographie qui porte une référence de ce genre est indéfendable en soutenance, et la commission n’a besoin que d’une recherche pour s’en apercevoir.
La parade est mécanique : n’inscrivez dans votre bibliographie que des documents que vous avez ouverts vous-même. Le chapitre 7 vous apprendra à les citer ; le chapitre 3 vous apprendra à évaluer leur fiabilité.
6Le calendrier, de la recherche de stage à la soutenance
Le rapport ne s’écrit pas après le stage : il s’écrit pendant, et il se prépare avant. Le calendrier qui suit est le nôtre — l’arrêté ne fixe aucune date, et les dates de dépôt sont arrêtées session par session par le SIEC. Nous le déroulons sur dix mois, de septembre à juin, parce que c’est le rythme d’une troisième année ; décalez-le si votre stage tombe ailleurs, mais gardez l’ordre.
Trois principes tiennent ce calendrier debout, et ils valent quel que soit le mois où votre stage tombe. Le premier : ce qui n’est pas noté pendant le stage est perdu — la mémoire ne restitue pas un rendez-vous client trois mois plus tard. Le deuxième : le sujet se choisit avant le stage, pas après, faute de quoi vous observerez sans savoir quoi regarder. Le troisième : la soutenance se prépare, et elle se prépare à voix haute.
| L’échéance | Ce qui doit être fini | Ce qui arrive si ça ne l’est pas |
|---|---|---|
| Avant le début du stage | La convention signée, un sujet provisoire, une unité d’enseignement nommée | Huit semaines d’observation sans grille de lecture |
| Le dernier jour du stage | L’attestation en main, le journal de bord complet | Une attestation à réclamer pendant des semaines, et des souvenirs au lieu de notes |
| Un mois avant le dépôt | Les trois parties écrites, la bibliographie constituée | Une mise en forme bâclée et une table des matières tapée à la main |
| Le jour du dépôt | Le tableau d’usage de l’intelligence artificielle en première annexe, pages renseignées | Une déclaration incomplète, que la charte sanctionne |
| Le jour de la soutenance | Un exposé de quinze minutes répété à voix haute et chronométré | Un dépassement de temps, et des questions auxquelles on répond mal |
L’arrêté ne fixe aucune date de dépôt. Les modalités d’inscription et le calendrier de la session sont publiés chaque année par le SIEC, et ils changent d’une session à l’autre.
Ne construisez donc pas votre année sur une date entendue en cours ou lue sur un forum : allez chercher le calendrier officiel de votre session dès l’inscription, et notez la date de dépôt avant toutes les autres. Ce chapitre a été vérifié en septembre 2026 ; les dates de la session 2027 relèvent d’une publication distincte, que nous n’avons pas à reproduire ici.
Chercher un stage (septembre à novembre) — cadrer un sujet et une bibliographie (décembre à janvier) — vivre et noter le stage (février à mars) — écrire, déposer, soutenir (avril à juin). Rien ne s’écrit après la soutenance, et rien ne se rattrape en juin.
7Ce que les jurys reprochent, et ce que ce manuel promet
Les commissions d’interrogation formulent, d’une session à l’autre, à peu près toujours les mêmes reproches. Ils sont tous évitables, et aucun ne demande du talent : ils demandent d’avoir lu l’arrêté et de s’être organisé. Les voici, dans l’ordre où ils reviennent le plus souvent.
- Le nombre de pages n’est pas respecté — trop long le plus souvent, parfois trop court.
- La bibliographie est absente, ou réduite à trois adresses de sites sans auteur ni date.
- Les fautes d’orthographe sont nombreuses, au point de gêner la lecture.
- L’approche des tâches est descriptive : le candidat raconte ce qu’il a fait au lieu de l’analyser.
- Le recul critique manque : rien n’est discuté, rien n’est comparé, rien n’est tranché.
- Les concepts employés ne sont pas maîtrisés : le candidat emploie un mot qu’il ne sait pas définir en soutenance.
- La production n’est pas personnelle : passages recopiés, plagiat, texte manifestement produit ailleurs.
- La table des matières n’est pas automatique : elle est tapée à la main, et ses pages sont fausses.
- Le nom de l’école figure dans le document, alors que l’anonymat de la correction ne le permet pas.
- Tout le temps a été passé sur le rapport et rien sur l’oral : l’exposé déborde, ou s’arrête au bout de six minutes.
- Le cabinet reçoit les pièces des clients artisans
- Un collaborateur les saisit dans le logiciel
- Le dossier est ensuite révisé par un chef de mission
- Les pièces arrivent par quatre canaux, ce qui multiplie les ressaisies
- La saisie coûte au cabinet un temps que la révision ne rattrape pas
- Le portail de dépôt réduit le délai, mais éloigne les clients les moins équipés
La différence entre les deux colonnes ne tient ni au vocabulaire, ni à la longueur. Elle tient à ce que la seconde prend un risque : elle avance une affirmation qu’un autre pourrait contester, et elle l’argumente. C’est cela que l’arrêté appelle faire preuve de réflexion et recul, et c’est ce que la commission cherche en priorité.
| Le reproche du jury | Le chapitre qui le traite | Ce qu’il vous apprend à faire |
|---|---|---|
| Sources faibles, information mal cherchée | Chapitre 2 | Identifier son besoin, répertorier les sources, utiliser un outil de recherche adapté |
| Sources non évaluées, information périmée | Chapitre 3 | Juger une source sur des critères explicites, et tenir une veille informationnelle |
| Partie 2 absente ou purement descriptive | Chapitre 4 | Présenter et analyser une situation de communication professionnelle |
| Pas de stage, faute d’avoir su candidater | Chapitre 5 | Écrire un curriculum vitæ, une lettre et un courriel de candidature |
| Table des matières tapée à la main, mise en page instable | Chapitre 6 | Se servir des styles, des sections et de la table automatique du traitement de texte |
| Bibliographie absente, plagiat | Chapitre 7 | Construire une bibliographie et une sitographie, et citer sans plagier |
| Confidentialité rompue, déclaration d’usage manquante | Chapitre 8 | Respecter la confidentialité, la loyauté, les réseaux sociaux professionnels et la charte d’usage de l’intelligence artificielle |
| Nombre de pages non respecté, approche descriptive | Chapitre 9 | Écrire les trois parties du rapport, chacune dans son format |
| Exposé qui déborde, questions mal traitées | Chapitre 10 | Organiser son discours, gérer son temps de parole et répondre aux questions |
| La session | Le taux de réussite | La moyenne obtenue |
|---|---|---|
| 2019 | 72 % | 11,7 |
| 2020 | 72,7 % | 11,3 |
| 2021 | 77,5 % | 12,1 |
| 2022 | 78,3 % | 12,1 |
| 2023 | 75,1 % | 12,0 |
| 2024 | 80,2 % | 12,3 |
Ils ne disent donc rien de l’épreuve que vous passerez. Nous les publions parce qu’ils circulent, et qu’un chiffre qui circule sans sa réserve fait plus de mal qu’un chiffre publié avec elle.
Reste une chose que ce chapitre ne peut pas faire à votre place, et il vaut mieux le dire ici que le laisser découvrir en juin. Le rapport est un document personnel. Aucun modèle ne vous dispensera de l’écrire, et nous n’en publierons aucun : un modèle recopié est un plagiat, et le plagiat vaut une note éliminatoire. Ce manuel vous donne des gabarits — des structures vides et commentées —, des marches à suivre, et des exemples explicitement fictifs. Le texte, il est de vous.
Dire ce qu’est l’épreuve n° 13 : soutenance orale, une heure au plus, coefficient 1, 12 crédits européens, session 2027. Énoncer la durée, les lieux et les trois buts du stage. Compter les pages du rapport : 6 + 4 + 20 à 30, dans la limite de 40. Vérifier qu’un sujet de partie structurée est relié à au moins une unité d’enseignement du DCG. Et ouvrir dès aujourd’hui le tableau d’usage de l’intelligence artificielle qui ouvrira vos annexes.
✳La carte mentale
Sept branches, à redessiner de mémoire avant l'épreuve.
≡L’UE 13 en une page
- Nature — épreuve orale de soutenance d’un rapport de stage d’au moins huit semaines, ou d’un rapport portant sur une expérience professionnelle au moins équivalente
- Durée — 1 heure maximum
- Coefficient — 1
- Crédits européens — 12
- Entrée en application — session 2027
- Durée — au moins 8 semaines
- Lieu — cabinet d’expertise comptable, ou services comptables et financiers d’une entreprise, d’une collectivité publique ou d’une association, en France ou à l’étranger
- Trois buts — prendre contact avec le monde professionnel ; observer une organisation et la rapprocher des autres unités ; appliquer les concepts et méthodes de l’UE 13
| La pièce | Son plafond | Ce qu’elle doit contenir |
|---|---|---|
| L’attestation de l’employeur | Hors compte | La période, le lieu, la nature des missions confiées |
| Partie 1 | 6 pages | L’organisation et les missions effectuées |
| Partie 2 | 4 pages | Une situation de communication professionnelle, présentée et analysée |
| Partie 3 | 20 à 30 pages | Un sujet en rapport avec au moins une UE du DCG, hors annexes et bibliographie |
| Le développement | 40 pages | 6 + 4 + 30 = 40 |
Le sujet de la partie structurée doit être directement en rapport avec au moins une unité d’enseignement du DCG, et avec ce que vous avez vous-même observé ou fait. Nommez l’unité par son numéro, dès la première page de la partie 3.
Un — l’assistance est admise, la substitution à la réflexion personnelle ne l’est pas. Deux — tout usage se déclare dans un tableau à trois colonnes placé en première annexe : type d’usage, bref descriptif, pages concernées. Trois — usage frauduleux, plagiat, falsification de données ou absence de mention claire : note éliminatoire et commission disciplinaire.
Ce que tu sais faire maintenant
- Restituer et justifier la définition officielle de la comptabilité
- Citer les quatre principes du plan comptable et les reconnaître dans une situation
- Nommer les utilisateurs des comptes annuels et leurs besoins
- Démontrer, textes à l'appui, que la comptabilité est une branche du droit
Signaler une erreur dans ce chapitre
Un chiffre qui ne tombe pas juste, un compte qui n’existe plus, une phrase incompréhensible : dites-nous ce que vous avez vu, nous le vérifions.