- DCG
- UE 13 — Communication professionnelle
- Chapitre 1
- Les corrections
Les corrections : L’épreuve, le stage et le rapport : ce qui vous attend
8 corrections détaillées, avec le raisonnement pas à pas et l’erreur fréquente.
01 Retrouver les caractéristiques de l’épreuve
Sans revenir au cours, indiquez pour l’épreuve n° 13 du DCG : sa nature, sa durée maximale, son coefficient, son nombre de crédits européens et la session à compter de laquelle le nouveau texte s’applique.
Indiquez ensuite, en une phrase, ce que cette épreuve n’a pas et que toutes les autres ont.
Nature : une épreuve orale de soutenance d’un rapport de stage d’au moins huit semaines, ou d’un rapport portant sur une expérience professionnelle au moins équivalente.
Durée : 1 heure maximum. Un maximum, non une durée garantie.
Coefficient : 1. Crédits européens : 12. Application : session 2027, en vertu de l’article 15.
Ce que l’épreuve n’a pas : de sujet. Il n’y a ni sujet distribué le jour de l’épreuve, ni copie, ni corrigé, ni annales — nous n’en avons trouvé aucune, après six lectures. La conséquence pratique est qu’il n’y a rien à réviser la veille : il y a un dossier à avoir construit.
02 Trier des lieux de stage
Pour chacune des cinq propositions suivantes, dites si le stage peut servir de support au rapport de l’UE 13, et justifiez en une phrase à partir du texte de l’arrêté.
a. Neuf semaines au service comptable d’une communauté de communes.
b. Huit semaines au service marketing d’une entreprise de cosmétique.
c. Six semaines dans un cabinet d’expertise comptable.
d. Dix semaines au service financier d’une association d’aide à domicile.
e. Huit semaines au service comptable d’une filiale située en Espagne.
a. Oui. Une collectivité publique figure dans la liste de l’arrêté, le service est comptable, et neuf semaines dépassent le plancher de huit.
b. Non. L’entreprise convient, mais le service marketing n’est ni comptable ni financier : l’arrêté vise les services comptables et financiers, et c’est le service qui compte.
c. Non. Le lieu est le premier que l’arrêté cite, mais six semaines ne font pas huit : le plancher est écrit en toutes lettres.
d. Oui. Une association figure dans la liste, le service est financier, et la durée est atteinte.
e. Oui. L’arrêté admet expressément un stage en France ou à l’étranger ; les deux conditions de lieu et de durée sont remplies.
Le fil conducteur : on vérifie toujours le service avant le secteur, et les semaines calendrier en main.
03 Répartir quarante pages
Un candidat vous soumet le plan suivant : présentation de l’entreprise et de ses missions, 11 pages ; situation de communication, 2 pages ; partie structurée, 27 pages ; annexes, 9 pages ; bibliographie, 1 page.
Dites, chiffre à l’appui, ce qui est conforme et ce qui ne l’est pas, puis proposez une répartition qui respecte l’arrêté sans réduire l’ambition du sujet.
Ce qui entre dans le compte. Le développement seul : 11 + 2 + 27 = 40 pages. Les annexes et la bibliographie n’y entrent pas, puisque la partie 3 se compte hors annexes et bibliographie. Le total général est donc exact — et pourtant le rapport est irrecevable.
Ce qui n’est pas conforme. La partie 1 fait 11 pages pour un plafond de 6 : cinq pages de trop. La partie 2 fait 2 pages, alors que l’arrêté lui en accorde 4 : rien ne l’interdit formellement, mais une situation de communication présentée et analysée en deux pages sera jugée bâclée. La partie 3, à 27 pages, est conforme : elle tient dans l’intervalle de 20 à 30.
La répartition proposée. 6 + 4 + 27 = 37 pages, ou 6 + 4 + 30 = 40 pages si le sujet le justifie. Les cinq pages retirées à la présentation ne sont pas perdues : les éléments factuels sur l’entreprise — organigramme, chiffres clés, plaquette — se déplacent en annexe, où ils ne comptent pas. Et les deux pages gagnées sur la partie 2 lui rendent l’analyse que son plafond de quatre pages autorise.
La conclusion à retenir. Un total juste ne prouve rien : les trois plafonds se vérifient séparément.
04 Juger quatre sujets de partie structurée
Quatre candidats proposent les sujets suivants pour leur partie structurée. Pour chacun, dites s’il satisfait aux trois liens exigés par l’arrêté — une unité d’enseignement du DCG, les observations ou tâches du stagiaire, la réflexion et le recul — et reformulez-le en question quand il peut être sauvé.
a. Les grandes étapes de la normalisation comptable internationale.
b. Mon stage au sein du cabinet, semaine par semaine.
c. La dématérialisation des notes de frais chez un client du cabinet.
d. Le recouvrement des créances clients dans une PME du bâtiment.
a. À écarter. Le lien avec une unité existe — comptabilité approfondie —, mais le lien avec le stage est nul : le sujet s’écrit sans avoir mis les pieds dans l’organisation. Il ne se sauve pas par reformulation ; il se remplace.
b. À écarter. Aucune unité d’enseignement, aucun recul : c’est la partie 1 du rapport, et elle fait six pages. Confondre la partie 1 et la partie 3 revient à écrire trente pages hors sujet.
c. À retenir, après reformulation. L’unité : systèmes d’information de gestion. La tâche : le candidat a participé au déploiement. L’arbitrage existe. Question proposée : la dématérialisation des notes de frais a-t-elle réduit le temps de traitement du dossier, et quels risques nouveaux a-t-elle fait naître pour la conservation des pièces ?
d. À retenir, après reformulation. L’unité : finance d’entreprise, et droit pour les procédures de recouvrement. La tâche : les relances effectuées pendant le stage. Question proposée : la procédure de relance en trois temps mise en place par la PME a-t-elle raccourci le délai moyen de règlement, et à quel coût pour la relation commerciale ?
Le fil conducteur. Les deux sujets sauvés le sont par la même opération : on transforme un thème en question, et la question fait apparaître l’arbitrage — donc le recul que l’arrêté exige.
05 Corriger un tableau d’usage de l’intelligence artificielle
Un candidat place en dernière annexe de son rapport un tableau à deux colonnes, intitulé Outils utilisés, portant une seule ligne : intelligence artificielle — aide à la rédaction.
Relevez tout ce qui ne va pas au regard de la charte d’usage publiée par le SIEC, et dites ce qu’il faut faire pour que la déclaration soit recevable. Vous n’avez pas à inventer le contenu des types d’usage.
Sa place. Le tableau est en dernière annexe ; la charte demande qu’il soit la première annexe du livrable. C’est le premier défaut, et il se corrige en déplaçant deux pages.
Ses colonnes. Le tableau en porte deux ; la charte en demande trois : le type d’usage, un bref descriptif de l’usage, et les pages concernées. La colonne des pages manque entièrement, et c’est elle qui rend la déclaration vérifiable.
Son contenu. Une seule ligne pour tout un rapport ne peut pas être précise et exhaustive, comme la charte l’exige. Il faut une ligne par usage : la recherche documentaire, la synthèse d’un document, la vérification linguistique, la mise en forme. Et chaque ligne doit dire ce qui a été vérifié après coup, la charte imposant une relecture critique et attentive.
Le type d’usage. Les libellés se reprennent de la charte elle-même, qui range les usages en quatre types désignés A, B, C et D. Ce manuel ne publie pas la liste de ce que chaque type recouvre : nos deux lectures de la charte divergent sur ce point, et nous ne l’avons pas tranchée. Le candidat doit donc aller la lire sur le site du SIEC.
Le risque encouru. Une déclaration incomplète relève de l’absence de mention claire, que la charte sanctionne d’une note éliminatoire et d’une convocation devant une commission disciplinaire. Ce n’est pas un retrait de points.
06 Bâtir un calendrier pour un stage d’été
Monsieur Aurélien COSTA, candidat libre au DCG, travaille à temps partiel et ne peut effectuer son stage qu’en juillet et août. Il souhaite présenter l’épreuve à la session suivante.
Rédigez à son attention un calendrier d’une page environ, mois par mois, qui parte de la recherche du stage et s’achève à la soutenance. Vous préciserez pour chaque mois ce qui doit être terminé, et vous conclurez en désignant l’échéance la plus risquée de son calendrier.
Février à avril — chercher. Curriculum vitæ, lettre de candidature, quinze candidatures dans des cabinets d’expertise comptable et des services comptables. À terminer en avril : les stages d’été se donnent au printemps, et un candidat libre n’a pas le réseau d’une école.
Mai — cadrer. Convention signée pour huit semaines au moins, et trois sujets possibles, chacun rattaché à une unité d’enseignement nommée. À terminer avant le premier jour de stage : c’est la condition pour observer utilement.
Juin — préparer l’information. Bibliographie de départ, cinq à dix références réellement lues, et ouverture du tableau d’usage de l’intelligence artificielle.
Juillet et août — vivre et noter. Les huit semaines. Journal de bord chaque vendredi, relevé des situations de communication, et attestation demandée le dernier jour, portant la période, le lieu et la nature des missions.
Septembre — écrire les parties courtes. Six pages de présentation, quatre pages de situation de communication. Leur plafond est serré, elles s’écrivent tant que le souvenir est frais.
Octobre et novembre — écrire la partie structurée. Vingt à trente pages, plan en trois parties, hors annexes et bibliographie.
Décembre — mettre en forme et déposer. Table des matières automatique, pagination, bibliographie, puis les numéros de pages du tableau d’usage, en dernier. Dépôt à la date fixée par le SIEC, à aller chercher dès l’inscription.
Janvier — soutenir. Quinze minutes d’exposé répétées à voix haute et chronométrées, plusieurs fois.
L’échéance la plus risquée. C’est la convention signée en mai. Un stage d’été ne se rattrape pas : s’il n’est pas trouvé au printemps, il n’y a pas de session suivante possible, alors qu’un stage en cours d’année laisse une marge. La recommandation est donc de candidater dès février, et à quinze endroits plutôt qu’à trois.
07 Transformer un paragraphe descriptif en paragraphe analytique
Voici un extrait d’une partie structurée : Le cabinet utilise un logiciel de production comptable. Les collaborateurs saisissent les écritures à partir des pièces reçues. Le chef de mission révise ensuite les comptes. Le dossier est enfin transmis à l’expert-comptable pour signature.
Réécrivez ce paragraphe en une quinzaine de lignes de manière analytique, puis expliquez en trois lignes ce que votre réécriture a ajouté. Vous indiquerez enfin quelle observation, ou quelle courte enquête auprès des collaborateurs, permettrait d’étayer votre analyse.
La réécriture analytique. La chaîne de production du cabinet repose sur une saisie humaine des pièces, en amont d’une révision qui ne la contrôle qu’au niveau du solde. Deux conséquences en découlent. La première est un coût : la saisie occupe la part la plus importante du temps facturé sur les petits dossiers, alors qu’elle est la tâche à la plus faible valeur ajoutée. La seconde est un risque : une erreur d’imputation qui n’altère pas le solde d’un compte échappe à une révision menée par soldes, et n’est retrouvée qu’au moment de la liasse, quand le temps manque. Le déploiement d’une collecte automatisée des pièces déplacerait l’effort de la saisie vers le contrôle de cohérence — mais il supposerait que les clients les moins équipés changent leurs habitudes, ce que trois d’entre eux ont refusé pendant mon stage.
Ce que la réécriture a ajouté. Un coût, un risque, et une solution assortie de sa limite. Le paragraphe descriptif énonçait quatre faits exacts dont on ne pouvait rien conclure ; le paragraphe analytique pose un arbitrage, et cet arbitrage appelle une conclusion.
Ce qui l’étaierait. Un relevé du temps passé sur dix dossiers, distinguant saisie et révision, suffirait à chiffrer la première affirmation. Une courte enquête qualitative auprès des vingt-deux collaborateurs — trois questions ouvertes sur les erreurs retrouvées tardivement — étaierait la seconde. L’arrêté ouvre expressément cette possibilité, sans exiger d’entrer dans le détail de la démarche statistique.
08 Auditer un rapport avant son dépôt
Une camarade vous demande de relire son rapport avant qu’elle ne le dépose. Vous relevez sept points.
a. La page de garde porte le nom et le logo de son école.
b. La présentation de l’entreprise occupe 9 pages.
c. La partie sur la situation de communication décrit un entretien téléphonique sur 4 pages, sans en tirer de conclusion.
d. La partie structurée, de 24 pages, porte sur les grandes évolutions du droit du travail, sans aucune référence au stage.
e. La table des matières a été tapée à la main.
f. Le rapport ne porte pas de bibliographie.
g. Aucun tableau d’usage de l’intelligence artificielle ne figure en annexe, alors qu’elle vous a dit s’être servie d’un assistant pour reprendre son orthographe.
Rédigez à son attention une note d’une page environ, qui classera les défauts du plus grave au moins grave, et dira pour chacun ce qu’il faut faire et en combien de temps.
Premier niveau — ce qui peut rendre le rapport éliminable.
L’absence de tableau d’usage de l’intelligence artificielle. Un usage réel a eu lieu et n’est pas déclaré : c’est une absence de mention claire, que la charte sanctionne d’une note éliminatoire et d’une convocation devant une commission disciplinaire. À corriger en priorité : trois colonnes, une ligne par usage, en première annexe. Une heure suffit.
La partie structurée sans lien avec le stage. L’arrêté exige un sujet directement en rapport avec au moins une UE du DCG et avec les observations ou tâches du stagiaire. Le lien avec l’unité existe ici, celui avec le stage est absent : vingt-quatre pages sur quarante sont donc hors sujet. C’est le défaut le plus coûteux, et le plus long à réparer. Il faut réancrer le sujet sur une tâche réellement accomplie, ce qui demande une réécriture et non une retouche.
Deuxième niveau — ce qui coûte des points.
Neuf pages de présentation pour un plafond de six. Trois pages à retirer, et les éléments factuels à déplacer en annexe, où ils ne comptent pas. Une demi-journée.
La situation de communication décrite mais non analysée. L’arrêté demande une présentation et une analyse. Le format de quatre pages est respecté, le contenu ne l’est pas : il faut y ajouter pourquoi l’entretien a échoué ou réussi, et ce qu’elle en tire. Une demi-journée.
L’absence de bibliographie. Elle figure parmi les reproches les plus constants des jurys, et son absence signale au correcteur qu’aucune source n’a été mobilisée. Il faut reprendre les documents réellement lus et les citer. Une journée, s’ils ont été notés au fil de l’eau ; davantage sinon.
Troisième niveau — ce qui se corrige en dix minutes.
Le nom et le logo de l’école sur la page de garde. À retirer : la mention de l’établissement figure parmi les défauts que les jurys signalent.
La table des matières tapée à la main. À refaire avec la fonction automatique du traitement de texte, en dernier, après avoir figé la pagination.
La conclusion à lui écrire. La plupart de ces défauts se réparent avant ce soir ; un seul ne se répare pas avant le dépôt. Si la date approche et que la partie structurée ne peut pas être réancrée sur le stage, mieux vaut différer d’une session que déposer vingt-quatre pages hors sujet.