L’information et le système d’information
Ce que tu sauras faire : Distinguer la donnée, l’information et la connaissance, apprécier la qualité d’une information par les cinq critères du programme, et situer les fonctions, les rôles, les ressources et les acteurs d’un système d’information..
Analyser la qualité d’une information.
Mettre en évidence les fonctions et les rôles du système d’information dans une organisation.
Identifier et classifier les ressources du système d’information et leurs usages.
Donnée, information, connaissance
Critères de qualité de l’information : accessibilité, exactitude, actualité, pertinence, exhaustivité
Système d’information
Les fonctions du système d’information : collecter, traiter, stocker, diffuser et sécuriser
Rôles du système d’information : opérationnel, tactique et stratégique
Nature et rôle des ressources interreliées du système d’information : matérielles, logicielles, données et procédures
Savoir distinguer les notions de donnée, d’information et de connaissance, mais pas celles de compétence.
La fonction du SI qui vise à le sécuriser est simplement introduite ici, pour être détaillé dans le thème 4.
Les notions telles que l’alignement stratégique ou la gouvernance des SI, qui peuvent être utilisées comme illustration du rôle stratégique, n’ont pas vocation à être détaillées ni maîtrisées.
Les niveaux du SI, les sous-systèmes, les procédures de contrôle de la qualité d’une information ne sont pas à aborder.
Distinguer les rôles des différents acteurs, leurs compétences et responsabilités dans le fonctionnement du système d’information selon les particularités de l’organisation.
Analyser les interactions des gestionnaires des systèmes d’information avec l’ensemble des acteurs.
Rôles, compétences et responsabilités des acteurs :
— Acteurs internes : utilisateurs des progiciels et des applications ; directeur et gestionnaires des systèmes d’information ; chefs de projets ; développeurs d’applications ; responsable des infrastructures informatiques ; Data Scientist ; Data Analyst ; responsable de la sécurité du système d’information
— Acteurs externes : utilisateurs et partenaires (clients, fournisseurs, etc.) ; entreprises de services du numérique ; éditeurs
Interaction des gestionnaires des systèmes d’information avec les autres responsables et utilisateurs
L’ensemble des profils métiers du SI issus de la nomenclature du Cigref n’a pas à être abordé. Seuls les emplois listés sont nécessairement connus.
Se limiter à l’identification des rôles, compétences générales et responsabilités des principaux acteurs, sans entrer dans le détail des fiches de poste, des compétences techniques avancées.
Se limiter à une compréhension générale des interactions entre les gestionnaires des systèmes d’information et les autres acteurs, sans analyse approfondie des processus organisationnels ou des modèles de gouvernance de SI.
1La donnée, et d’où elle vient
ACe qu’est une donnée, et ce qu’elle n’est pas
Le programme ouvre l’unité par trois mots qu’il demande de savoir distinguer : donnée, information, connaissance. Ce n’est pas une coquetterie de vocabulaire. Un cabinet qui confond les trois achète un logiciel quand il lui faudrait un traitement, ou forme ses équipes quand il lui faudrait un tableau. Les trois mots désignent trois étapes d’une même chaîne, et l’épreuve demande de savoir à quelle étape on se trouve.
Une donnée est un élément brut, isolé et non interprété. Elle est enregistrée telle quelle : un nombre, un nom, une date, une adresse, un relevé. Elle ne dit rien par elle-même, parce que rien ne la rattache encore à une question.
Prenez le nombre 1 480. Écrit seul sur une feuille, il n’apprend rien : on ignore ce qu’il compte, en quelle unité, à quelle date et pour qui. C’est pourtant une donnée parfaitement valable : elle est brute, isolée, et elle attend qu’on l’interprète. Le mot brut est le mot important : une donnée n’est pas fausse, elle est muette.
Elle s’enregistre sans réfléchir — on la saisit, on la mesure, on la reçoit. Elle ne répond à aucune question — elle attend qu’on lui en pose une. Elle ne change pas selon le lecteur — 1 480 reste 1 480 pour tout le monde.
| L’élément | Donnée ? | Pourquoi |
|---|---|---|
| Le nombre 1 480 | Oui | Brut, isolé, sans interprétation |
| La date 12/03/2027 | Oui | Un fait enregistré, sans commentaire |
| « Le chiffre d’affaires de mars est de 1 480 k€ » | Non | L’élément a été rattaché à un objet, une période et une unité : il est devenu une information |
| « Nos ventes s’essoufflent » | Non | Il s’agit d’un jugement, formé à partir d’informations |
| Le code postal 69003 | Oui | Un élément brut, que rien n’interprète encore |
Une dernière remarque avant de passer à la suite, et elle sert pour toute l’unité. On dit d’une donnée qu’elle est brute, non qu’elle est simple. Une photographie, un enregistrement sonore, un fichier de trois millions de lignes sont des données : la complexité ne change rien à l’affaire. Ce qui compte est qu’aucune interprétation n’ait encore été posée dessus. C’est pourquoi le programme parle d’élément non interprété plutôt que d’élément simple.
BD’où viennent les données d’une organisation
Les données d’une organisation ne tombent pas du ciel : elles ont trois origines, et l’épreuve demande de savoir les nommer. La première est la saisie — quelqu’un tape quelque chose. La deuxième est la mesure — un appareil relève une valeur. La troisième est la réception — un partenaire envoie un fichier. Chacune a ses erreurs propres, et c’est pourquoi on les distingue.
| L’origine | Un exemple | Le risque propre |
|---|---|---|
| La saisie par une personne | Un client remplit son adresse sur le site | La faute de frappe, le champ oublié, le doublon |
| La mesure par un appareil | Un compteur relève une consommation | La panne du capteur, le décalage d’horloge |
| La réception d’un tiers | Le fournisseur envoie son catalogue en fichier | Le format inattendu, la version périmée |
Une même organisation combine les trois, et c’est la règle plutôt que l’exception. Alcyon servira de fil à toute l’unité : cette entreprise installe du matériel de cuisine chez les restaurateurs. Son technicien saisit son compte rendu d’intervention. La machine installée remonte elle-même ses heures de fonctionnement. Et le fabricant envoie chaque mois son tarif en fichier. Trois origines, trois natures d’erreur, une seule base de données.
Le mot est le même, la notion ne l’est pas. Une donnée personnelle est une donnée qui se rapporte à une personne physique identifiée ou identifiable : c’est une sous-catégorie, définie par un règlement européen, et le chapitre 18 la traite pour elle-même. Toutes les données ne sont pas personnelles : une température de four ne l’est pas. Écrire « donnée » là où l’on veut dire « donnée personnelle » coûte des points, parce que les obligations qui suivent ne sont pas les mêmes.
CCe que le traitement ajoute à la donnée
Une information est ce que devient une donnée quand on l’a traitée pour répondre à une question. Le traitement est l’opération qui fait la différence, et c’est là-dessus que l’épreuve interroge : on demande rarement de définir l’information, on demande souvent de dire ce qui a été fait à la donnée.
Une information est une donnée traitée, organisée et contextualisée, qui prend du sens pour un utilisateur. Les trois mots comptent : traitée — on lui a appliqué une opération ; organisée — elle est rangée avec d’autres ; contextualisée — on sait de quoi, de quand et pour qui elle parle.
Le mot contextualisée est celui que les copies oublient le plus souvent, et c’est dommage, car il porte l’essentiel. Contextualiser, c’est dire de quoi, de quand et pour qui l’élément parle. Un chiffre d’affaires sans période ne se compare à rien ; un pourcentage sans sa base ne se vérifie pas ; une moyenne sans son effectif se manipule. Une information qui n’est pas contextualisée n’est pas une information de mauvaise qualité : c’est une donnée qui se fait passer pour une information, et c’est plus dangereux.
À la fin de ces quatre temps, on ne tient plus un nombre mais une réponse : le chiffre d’affaires de mars progresse de 13,0 % sur février. Cette phrase est une information, et elle ne l’est devenue que parce qu’on a posé une question à laquelle 1 480 pouvait répondre. C’est la raison pour laquelle une même donnée peut valoir beaucoup ici et rien ailleurs.
DPourquoi la même donnée peut être une information ici et rien là
La conséquence pratique est importante, et l’épreuve aime la faire découvrir : une information n’a pas de valeur en soi. Elle vaut pour un utilisateur, à un moment, pour une décision. La même phrase peut donc être une information pour le directeur commercial et un bruit pour le comptable, sans que personne se trompe.
Chez Alcyon, la machine installée chez un client a fonctionné 612 heures en mars. Pour le technicien de maintenance, c’est une information de première importance : l’entretien est contractuellement dû toutes les 600 heures, et la visite doit donc être programmée. Pour le comptable, la même donnée ne répond à aucune de ses questions : elle ne devient une information pour lui que le jour où l’on facture l’intervention.
Une donnée devient une information quand elle répond à la question de quelqu’un. Changez la question, et la même donnée redevient muette.
Cette dépendance à l’utilisateur explique une chose que les étudiants trouvent d’abord contre-intuitive : une organisation peut crouler sous les données et manquer d’informations. C’est même la situation la plus fréquente. Le remède n’est jamais de collecter davantage : il est de formuler la question à laquelle on veut répondre, puis de chercher quelles données y répondent. Les critères de qualité, plus loin dans ce chapitre, partent exactement de là.
2De la donnée à l’information
ACe que la connaissance ajoute à l’information
La troisième marche est la plus difficile à saisir, parce qu’elle ne se trouve plus dans la machine. L’information est dans le système ; la connaissance est dans la tête de quelqu’un. Le programme le dit en une phrase : la connaissance est l’appropriation de l’information par un individu, qui lui permet d’analyser, de décider et d’agir.
La connaissance correspond à l’appropriation de l’information par un individu, qui lui permet d’analyser, de décider et d’agir. Trois verbes, et ils sont dans le programme : analyser — comprendre ce qui se passe ; décider — trancher entre deux voies ; agir — faire quelque chose de différent. Le mot d’appropriation est le mot décisif : il dit que la chose est passée dans quelqu’un, et non qu’elle est rangée quelque part.
On mesure bien la différence en observant ce qui se passe quand quelqu’un s’en va. Les données restent — elles sont dans la base. Les informations restent aussi — les états et les tableaux de bord continuent de sortir. Ce qui part, c’est la lecture : personne ne sait plus qu’un mois de mars à +13,0 % est ordinaire chez Alcyon. L’organisation garde tout et perd l’essentiel, et c’est exactement ce que le mot connaissance désigne.
Reprenons la progression de 13,0 %. Tant qu’elle est affichée sur un tableau de bord, c’est une information. Elle devient une connaissance le jour où la directrice commerciale la lit et sait quelque chose de plus : mars est toujours un bon mois chez Alcyon, parce que les restaurateurs rééquipent avant la saison. Une progression de 13,0 % y est donc normale, et non remarquable. Ce savoir-là n’est écrit nulle part : il est le produit de l’expérience de la personne, et c’est pourquoi il part avec elle.
| La marche | Ce que l’on a | Ce que cela permet |
|---|---|---|
| La donnée | 1 480 | Rien encore : le nombre est muet |
| L’information | Le chiffre d’affaires de mars 2027 est de 1 480 k€, en progression de 13,0 % sur février | Constater, et comparer à une prévision |
| La connaissance | Mars est structurellement fort chez Alcyon : +13,0 % n’est pas un signal, c’est la saison | Décider de ne rien changer, et regarder plutôt avril |
Demandez-vous où la chose se trouve. Dans un fichier, sans commentaire : une donnée. Dans un rapport, avec son unité et sa période : une information. Dans la tête de quelqu’un, et perdue s’il s’en va : une connaissance.
BLà où le programme s’arrête : la compétence
Ici le programme pose une limite, et il la pose expressément : il faut savoir distinguer donnée, information et connaissance, mais pas la compétence. La compétence relève d’une autre unité, et l’épreuve de système d’information ne la demande pas. Nous nous arrêtons donc à la troisième marche, et nous le disons plutôt que de laisser croire à un oubli.
Beaucoup de manuels enchaînent donnée, information, connaissance, compétence — la fameuse pyramide. La colonne des limites de l’arrêté écarte la compétence de cette sous-partie. Une copie qui la traite quand même ne gagne rien : elle dépense du temps sur ce qui n’est pas demandé.
Cette limite du programme mérite une phrase d’explication, parce qu’elle surprend. Le mot compétence a un sens précis dans les sciences de gestion, et il est travaillé ailleurs dans le diplôme : l’unité de management le rencontre, l’unité de système d’information non. L’arrêté répartit ainsi les notions entre les unités pour qu’aucune ne soit traitée deux fois, et la troisième colonne est l’endroit où il le dit. Lire cette colonne avant de réviser fait gagner des heures, parce qu’elle retire du programme autant qu’elle y met.
Il reste que la connaissance, elle, est bien au programme, et qu’elle emporte une conséquence de gestion que l’épreuve peut faire travailler : une connaissance ne se stocke pas dans une base. On peut en écrire une partie — une procédure, un mode opératoire, une note — mais ce qui est écrit n’est déjà plus tout à fait la connaissance, seulement l’information qui aidera un autre à la reconstruire. C’est la raison pour laquelle le départ d’un ancien coûte cher, même quand tous ses dossiers sont classés.
Nous ne publions pas de définition de la compétence, ni de pyramide à quatre étages : la colonne des limites de la sous-partie 1.1 écarte la compétence. Nous ne publions pas davantage les niveaux du système d’information ni ses sous-systèmes — la même colonne dit qu’ils ne sont pas à aborder.
CLa chaîne complète, sur un cas
L’épreuve ne demande presque jamais de réciter les trois définitions. Elle donne une situation et demande de classer. Le classement se fait toujours de la même manière : on nomme l’élément, on dit à quelle marche il se trouve, et on justifie par ce qui lui manque ou par ce qu’on lui a fait. La justification est la partie notée.
Un technicien termine une intervention et saisit trois choses : la date, la durée, la référence de la pièce changée. Ce sont trois données. Le soir, le système rassemble les interventions du mois et produit un état : la pièce R-214 a été changée dix-sept fois en mars, contre quatre en février. C’est une information. Le responsable technique la lit et reconnaît un défaut de série qu’il a déjà vu en 2025 sur un autre modèle : il décide d’appeler le fabricant sans attendre. C’est une connaissance, et elle a produit une décision.
Remarquez ce que l’exemple montre en passant : la chaîne ne monte pas toute seule. Entre les données et l’information, il a fallu un traitement — le système a rassemblé et compté. Entre l’information et la connaissance, il a fallu une personne qui avait déjà vu le cas. Retirez le traitement, les données restent muettes ; retirez la personne, l’information reste un chiffre sur un écran.
Une précision sur le sens de lecture, car elle revient à chaque chapitre de cette unité. La chaîne se lit de bas en haut quand on explique, et de haut en bas quand on conçoit. Expliquer, c’est partir des données pour montrer comment on arrive à la décision — c’est ce que fait l’exemple ci-dessus. Concevoir, c’est partir de la décision à prendre pour chercher quelle information l’éclaire, puis quelles données la produisent — c’est ce que fait un chef de projet. Les deux sens sont demandés à l’épreuve, et le second est le plus difficile.
- Cet élément est-il rattaché à une question ? Non : c’est une donnée.
- A-t-il subi un traitement — tri, calcul, rapprochement ? Oui : c’est une information.
- Sait-on de quoi, de quand et pour qui il parle ? Oui : c’est une information.
- Suppose-t-il l’expérience d’une personne pour produire une décision ? Oui : c’est une connaissance.
DLes trois erreurs de classement, et comment les éviter
Trois erreurs reviennent d’une copie à l’autre, et elles coûtent chacune des points. Les nommer permet de les éviter, parce qu’on repère d’autant mieux une erreur qu’on l’attend. Les trois se ressemblent, et c’est bien le problème : elles consistent toutes à ranger un élément une marche trop haut ou une marche trop bas. Le tableau qui suit les met côte à côte pour qu’on voie ce qui les sépare.
Une remarque de méthode, qui vaut pour l’épreuve entière. Quand une question demande de classer, elle attend trois choses et non une : le classement, sa justification, et la limite du classement — à quelle condition l’élément changerait de marche. Les copies qui s’arrêtent à la première perdent la moitié des points sans le savoir, et l’exercice 14 de ce chapitre est construit pour le faire sentir.
| L’erreur | Ce qu’on écrit | Ce qu’il fallait voir |
|---|---|---|
| Prendre un jugement pour une information | Nos ventes s’essoufflent est une information | C’est une appréciation, formée à partir d’informations : elle relève de la connaissance |
| Prendre une information pour une donnée | Le chiffre d’affaires de mars, 1 480 k€, est une donnée | L’élément est daté, rattaché et exprimé en unité : il a été traité |
| Confondre la quantité et la qualité | Ils ont beaucoup de données, donc ils sont bien informés | Une donnée qui ne répond à aucune question n’informe personne |
La troisième erreur mérite qu’on s’y arrête, parce qu’elle n’est pas seulement une faute d’examen : c’est une faute de gestion, et elle se paie. Une organisation qui collecte sans savoir à quelle question elle répond accumule du coût — du stockage, de la saisie, de la mise à jour — sans contrepartie. La suite de ce chapitre donne les cinq critères qui permettent de dire si une information vaut ce qu’elle coûte, puis montre où elle se range dans le système d’information.
Distinguer les trois marches sur un cas donné, et justifier chaque classement par ce qui a été fait à l’élément. Nommer les trois origines d’une donnée et le risque de chacune. Dire pourquoi une même donnée peut informer l’un et pas l’autre.
3La connaissance, et là où le programme s’arrête
AUne information de qualité est celle qui sert la décision
Le chapitre précédent a montré qu’une information est une donnée qui répond à la question de quelqu’un. Reste à savoir si elle y répond bien. C’est l’objet de ce chapitre, et c’est la première compétence que le programme énonce pour cette unité : analyser la qualité d’une information. Analyser, non constater : il faudra donc juger, et justifier le jugement.
La qualité de l’information désigne sa capacité à répondre aux besoins de l’organisation, et elle se répercute sur la qualité de la décision qu’elle alimente. Deux choses en découlent : la qualité ne se mesure pas dans l’absolu — elle se mesure par rapport à un besoin — et elle se juge à ses conséquences — une information de mauvaise qualité produit une mauvaise décision.
Cette définition a une conséquence que les copies manquent souvent : une information peut être exacte et de mauvaise qualité. Un relevé rigoureusement juste, arrivé trois semaines après la décision qu’il devait éclairer, n’a servi à rien. L’exactitude n’est qu’un critère sur cinq, et c’est pourquoi le programme en énumère cinq et non un.
À quelle décision cette information devait-elle servir, et a-t-elle pu y servir ? Si la réponse est non, cherchez lequel des cinq critères a manqué — il y en a toujours un.
Un mot sur le verbe que le programme emploie, car il commande la forme de la réponse attendue. Le programme écrit analyser la qualité d’une information, non constater sa qualité. Analyser suppose de décomposer — passer les critères l’un après l’autre — puis de conclure. Une copie qui écrit que l’information est de bonne qualité sans dire lesquels des cinq critères sont satisfaits n’a pas analysé : elle a donné une impression, et une impression ne se note pas.
BLes cinq critères que le programme retient
Le programme retient cinq critères et les nomme : accessibilité, exactitude, actualité, pertinence, exhaustivité. La liste est fermée : ce sont ces cinq-là qu’il faut savoir nommer et appliquer, et une copie qui en invente un sixième ne gagne rien. Nous les rangeons ici en deux familles pour les retenir : deux portent sur l’accès à l’information, trois sur son contenu.
| Le critère | Ce qu’il demande | La question à poser |
|---|---|---|
| Accessibilité | Que l’information parvienne à qui en a besoin, au moment utile, et légalement | Est-elle arrivée à la bonne personne, à temps ? |
| Actualité | Que l’information soit à jour au regard de la décision | De quand date-t-elle ? |
| Exactitude | Que l’information soit juste, et que sa source soit fiable | D’où vient-elle, et peut-on la vérifier ? |
| Pertinence | Que l’information éclaire le problème posé | Sert-elle à la décision qu’on doit prendre ? |
| Exhaustivité | Que rien de nécessaire ne manque | Manque-t-il quelque chose pour décider ? |
Le rangement en deux familles n’est pas dans l’arrêté, et il ne faut donc pas l’écrire tel quel en copie. Il sert à une seule chose, mais elle est précieuse le jour de l’épreuve : ne pas en oublier. Un candidat qui se souvient qu’il y a deux critères d’accès et trois critères de contenu retrouve les cinq, là où un candidat qui les a appris en liste en cite trois ou quatre. Le contenu de la réponse reste celui de l’arrêté : seule la façon de les retenir nous appartient.
Ce sont les deux critères que les copies échangent le plus. La pertinence demande si l’information sert à la question posée — un tableau des ventes par région ne sert pas à décider d’un recrutement. L’exhaustivité demande s’il ne manque rien — un tableau des ventes où trois régions sont absentes est pertinent mais incomplet. L’un porte sur le sujet, l’autre sur le périmètre.
CL’accessibilité : au bon moment, à la bonne personne, légalement
Le premier critère est celui que l’on oublie parce qu’il paraît évident : une information à laquelle on n’accède pas ne sert à rien, si juste soit-elle. Le programme range trois exigences sous ce mot, et les trois se rencontrent à l’épreuve : être disponible au moment opportun, être conforme à la législation, et bénéficier d’un accès sécurisé conforme aux droits des utilisateurs.
- Disponible au moment opportun pour le destinataire — une information juste qui arrive après la décision n’est pas accessible, elle est inutile.
- Conforme à la législation — certaines informations ne peuvent pas être rendues accessibles à tous : le chapitre 18 y reviendra.
- Bénéficiant d’un accès sécurisé conforme aux droits des utilisateurs — chacun accède à ce que sa fonction justifie, et à rien de plus.
Il faut se méfier d’une lecture trop étroite du mot accessible. Dans la langue courante, accessible veut dire que l’on peut atteindre. Dans le programme, il veut dire trois choses à la fois, et les deux dernières bornent la première : l’accès doit être légal, et il doit correspondre aux droits de celui qui accède. Une information à laquelle tout le monde accède n’est donc pas mieux accessible qu’une autre : elle est mal accessible, et l’épreuve aime faire découvrir ce renversement.
Le technicien arrive chez le client sans savoir que la pièce a déjà été changée deux fois : l’information existait, elle n’était pas sur sa tablette. La liste des clients, avec leurs coordonnées, est accessible à tous les salariés : l’accès n’est pas conforme aux droits. Le tableau de bord des interventions se met à jour le 15 du mois suivant : la réunion de suivi a lieu le 5. Trois fois, l’information existait et n’a pas servi.
DL’actualité : une information périmée est une information fausse
Le deuxième critère est l’actualité, et c’est celui qui se vérifie le plus vite : il suppose seulement de regarder une date. Encore faut-il regarder la bonne : la date de l’information n’est pas celle du document qui la porte. Un rapport imprimé hier peut reposer sur des chiffres de l’an dernier, et c’est la date des chiffres qui compte.
La date de production du document dit quand on l’a fabriqué. La date des données qu’il porte dit de quand il parle. C’est la seconde qui décide de l’actualité, et c’est presque toujours la première qui est imprimée en haut de page.
L’actualité s’apprécie toujours par rapport à la décision, jamais dans l’absolu. Une information vieille de trois ans peut être parfaitement actuelle — le montant d’un loyer fixé par un bail de neuf ans, par exemple — et une information vieille de deux jours peut être périmée — le stock d’une pièce très demandée. La bonne question n’est donc pas depuis combien de temps, mais : quelque chose a-t-il pu changer depuis, qui modifierait la décision ?
Une information périmée était exacte quand on l’a produite. Elle ne devient pas fausse en vieillissant : elle cesse de décrire l’état présent. La distinction compte en copie : on ne reproche pas la même chose à celui qui s’est trompé qu’à celui qui n’a pas mis à jour, et le remède n’est pas le même — vérifier dans un cas, rafraîchir dans l’autre.
4Reconnaître les trois dans une situation
AL’exactitude : la source, et ce qui la rend fiable
L’exactitude est le critère auquel on pense en premier, et c’est aussi celui qu’on vérifie le moins bien. Vérifier l’exactitude d’une information ne consiste pas à la relire : relire ne fait que confirmer ce qu’on a déjà écrit. Cela consiste à remonter à sa source, et à se demander ce qui rend cette source fiable.
- Des sources fiables, vérifiables, spécialisées, non déformées, à jour, adéquates — six adjectifs, et chacun désigne une façon différente de se tromper.
- Des informations créées en interne par des personnels compétents — l’exactitude d’une information produite chez soi dépend de qui l’a produite.
On peut se demander pourquoi le programme insiste tant sur la source, alors qu’il aurait pu s’en tenir au caractère juste ou faux d’une information. La raison est pratique : dans une organisation, personne n’est en mesure de vérifier chaque chiffre par lui-même. Ce que l’on peut vérifier, en revanche, c’est d’où le chiffre vient, et si cette provenance a déjà donné satisfaction. La qualité de la source est donc le seul contrôle praticable à grande échelle, et c’est pourquoi elle tient lieu de contrôle de l’exactitude.
| La qualité | Ce qu’elle écarte |
|---|---|
| Fiable | La source dont on ne sait pas si elle se trompe souvent |
| Vérifiable | La source qu’on ne peut pas remonter — un chiffre entendu, un document sans référence |
| Spécialisée | La source qui parle d’un domaine qui n’est pas le sien |
| Non déformée | La source recopiée de seconde ou de troisième main |
| À jour | La source dont on ignore le millésime |
| Adéquate | La source exacte, mais qui ne porte pas sur ce qu’on cherche |
Une conséquence pratique, qui vaut d’être écrite en copie quand la question s’y prête. Le manuel que vous lisez applique cette règle à lui-même : chaque bloc porte la source d’où il vient, avec sa date de consultation et sa version. Ce n’est pas un ornement — c’est ce qui permet au lecteur de vérifier, donc ce qui rend l’information vérifiable au sens du programme. Une organisation qui adopte la même discipline sur ses notes internes — dire d’où vient chaque chiffre qu’on avance — règle du même coup la moitié de ses problèmes d’exactitude.
L’adjectif non déformée mérite qu’on s’arrête, parce qu’il désigne l’erreur la plus courante et la plus difficile à voir. Une information se déforme en circulant : un chiffre arrondi, un périmètre changé sans le dire, une phrase citée hors de son contexte. La parade tient en une règle de méthode : remonter à la source de première main chaque fois qu’une décision en dépend, et dire d’où l’on tient ce que l’on affirme. C’est la règle que ce manuel s’applique à lui-même, et c’est pourquoi chaque bloc porte sa source.
BLa pertinence et l’exhaustivité : ni trop peu, ni trop
Les deux derniers critères se répondent, et il faut les prendre ensemble : la pertinence dit qu’il ne faut pas parler d’autre chose, l’exhaustivité qu’il ne faut rien oublier. Trop de l’un nuit à l’autre : une information exhaustive au point de tout dire cesse d’être pertinente, parce que le lecteur ne trouve plus ce qui l’intéresse.
- Des informations judicieuses, utiles, permettant d’éclairer la prise de décision — calculs de coûts, données issues des documents de synthèse, budgets prévisionnels.
- Des informations appropriées à un problème de gestion donné à résoudre — le mot donné est important : la pertinence s’apprécie face à un problème précis.
- Une information complète au regard du besoin ou de la prise de décision — complète au regard du besoin, non complète en soi.
- Une information ciblée et disponible pour l’usage visé — l’exhaustivité du programme n’est pas l’accumulation.
On peut résumer la différence entre les deux critères par une image de photographe. La pertinence, c’est le cadrage — avoir visé le bon sujet. L’exhaustivité, c’est le cadre — avoir tout ce qui est nécessaire dans l’image. Une photographie parfaitement cadrée sur le mauvais sujet ne sert à rien ; une photographie du bon sujet où manque la moitié de la scène ne sert guère mieux. Les deux critères se lisent ensemble, et l’épreuve les fait souvent manquer ensemble.
Le programme écrit « complète au regard du besoin ». Il ne demande pas tout, il demande tout ce qui est nécessaire. Une copie qui écrit qu’une information est d’autant plus exhaustive qu’elle est volumineuse se trompe, et le chapitre précédent a déjà dit pourquoi : le volume est un coût, pas une qualité.
Le directeur d’Alcyon demande une note pour décider s’il faut ouvrir une antenne à Lyon. On lui remet un document de quarante pages qui décrit le marché de la restauration en France, avec l’historique du secteur depuis 1990. Le document est exhaustif et il n’est pas pertinent : rien n’y porte sur Lyon, ni sur le coût d’une antenne. On lui remet ensuite une note d’une page sur le nombre de restaurants lyonnais : elle est pertinente et elle n’est pas exhaustive — il manque le coût, la concurrence locale et le délai d’installation.
CLa grille des cinq critères, appliquée
À l’épreuve, la question prend presque toujours la même forme : on donne une information, on donne la décision qu’elle devait éclairer, et l’on demande d’en apprécier la qualité. La réponse se construit en passant les cinq critères l’un après l’autre, et en disant pour chacun s’il est satisfait et pourquoi. Passer les cinq est ce qui distingue une réponse complète d’une impression.
Une remarque de méthode sur le quatrième temps, celui du remède. L’épreuve demande souvent, après l’appréciation, ce qu’il faudrait faire. La réponse se déduit du critère défaillant, et d’aucune autre réflexion. Un défaut d’accessibilité se corrige par le calendrier ou par les droits. Un défaut d’actualité, par un rafraîchissement. Un défaut d’exactitude, par un retour à la source. Un défaut de pertinence, par un changement de sujet. Et un défaut d’exhaustivité, par un changement de périmètre. Cinq critères, cinq familles de remèdes : c’est l’une des rares parties de l’unité où la réponse est mécanique, et il serait dommage de la manquer.
| Le critère | Satisfait ? | Pourquoi |
|---|---|---|
| Accessibilité | Non | Le tableau paraît le 15, la réunion de suivi a lieu le 5 : il n’est pas disponible au moment opportun |
| Actualité | Oui | Les données portent sur le mois qui vient de s’achever |
| Exactitude | Oui | Les interventions sont saisies par les techniciens et contrôlées à la facturation |
| Pertinence | Partiellement | Le tableau suit le nombre d’interventions, quand la décision porte sur la charge des équipes : il faudrait des heures, non des visites |
| Exhaustivité | Non | Les interventions sous garantie ne sont pas comptées, alors qu’elles occupent les mêmes techniciens |
DLes procédures de contrôle de la qualité, hors programme
Le programme pose ici une limite, et elle est utile à connaître avant de réviser : les procédures de contrôle de la qualité d’une information ne sont pas à aborder. On demande donc d’apprécier la qualité d’une information donnée — c’est la première compétence de l’unité — mais on ne demande pas de décrire un dispositif de contrôle qualité, ses acteurs et ses étapes.
Nous ne publions aucune procédure de contrôle de la qualité de l’information : la colonne des limites de la sous-partie 1.1 dit qu’elle n’est pas à aborder. Nous ne publions pas non plus de sixième critère — la liste de l’arrêté est fermée — ni d’échelle de notation de la qualité : l’épreuve demande un jugement justifié, non une note sur dix.
Un dernier avertissement sur les limites du programme, valable pour toute l’unité. Une limite ne dit pas que la notion est sans intérêt : elle dit qu’elle n’est pas évaluée ici. Les procédures de contrôle de la qualité existent, elles sont utiles, et un professionnel les rencontrera — simplement, l’épreuve de l’UE 8 ne les demande pas, et le temps de révision est une ressource rare. Lire les limites avant de réviser est donc le meilleur emploi de la première heure de travail d’une unité : elles retirent du programme autant qu’elles y mettent.
Il reste que la frontière demande un peu d’attention, parce qu’elle est fine. Dire qu’une information est inexacte parce que sa source n’est pas vérifiable est au programme — c’est apprécier la qualité. Décrire l’organisation d’une cellule qualité, ses audits et ses indicateurs ne l’est pas — c’est décrire une procédure de contrôle. Le partage se fait sur le verbe : apprécier est demandé, organiser ne l’est pas.
Un dernier mot sur l’usage de ces cinq critères, car il dépasse le chapitre. Ils reviendront dans toute l’unité : quand on jugera une base de données, une feuille de calcul ou un tableau de bord, on se demandera toujours si l’information qui en sort est accessible, actuelle, exacte, pertinente et complète. C’est la grille de lecture de l’épreuve entière, et c’est pourquoi le programme la place en tête.
5Pourquoi la qualité d’une information se juge
ALa définition, et ce qu’elle englobe
Les deux premiers chapitres ont parlé de l’information. Ce chapitre parle de la machinerie qui la produit, et le programme lui donne un nom : le système d’information. Le mot est trompeur, parce qu’il fait penser à un logiciel, alors qu’il désigne quelque chose de beaucoup plus large — où les personnes et les procédures comptent autant que les ordinateurs.
Le système d’information est l’ensemble organisé des ressources qui permettent de collecter, traiter, stocker, diffuser et sécuriser l’information d’une organisation. Quatre natures de ressources y concourent : des ressources matérielles, des ressources logicielles, des données et des procédures. Le mot système dit l’essentiel : ce sont des éléments qui fonctionnent ensemble, et dont aucun ne sert isolément.
Deux mots de cette définition méritent qu’on s’y arrête. Organisé dit que les ressources ne sont pas juxtaposées, mais agencées pour un but. Ensemble dit que la panne d’un seul élément arrête tout le reste : un serveur impeccable ne sert à rien si la procédure de saisie n’existe pas, et la meilleure procédure ne sert à rien si personne ne l’applique.
Une organisation qui tiendrait ses comptes sur des fiches cartonnées aurait un système d’information : des fiches — matériel —, une nomenclature — procédures —, les fiches remplies — données —, et personne pour les tenir. Le numérique change l’échelle, il ne crée pas la notion.
Une remarque sur le mot lui-même, car il induit en erreur. Système d’information se dit en anglais information system, et l’on entend souvent le sigle anglais employé pour désigner le service informatique. L’usage courant a donc glissé : beaucoup de gens disent le SI pour parler des ordinateurs. Le programme, lui, emploie le mot dans son sens exact, et l’épreuve sanctionne le glissement : une copie qui traite du système d’information en parlant seulement de serveurs et de logiciels répond à côté.
BSystème d’information et système informatique : deux choses
La confusion la plus fréquente, et celle qui coûte le plus de points, consiste à prendre le système d’information pour le système informatique. Les deux ne se recouvrent pas, et l’épreuve aime le faire constater.
| Le système d’information | Le système informatique | |
|---|---|---|
| Ce qu’il comprend | Matériels, logiciels, données et procédures — et les personnes qui les appliquent | Les seuls matériels et logiciels |
| Ce qu’il vise | Produire l’information dont l’organisation a besoin | Faire fonctionner les traitements automatisés |
| Qui en répond | La direction, avec chaque métier concerné | La direction des systèmes d’information |
| Ce qu’une panne y produit | Une information qui manque à une décision | Un traitement qui ne s’exécute pas |
La distinction se retrouve dans l’organisation des entreprises, et elle explique bien des malentendus. La direction des systèmes d’information répond du système informatique : les serveurs, le réseau, les applications. Personne, souvent, ne répond du système d’information dans son ensemble — c’est-à-dire des données et des procédures. D’où la scène classique : le service informatique démontre que tout fonctionne, et les utilisateurs continuent de ne pas avoir l’information dont ils ont besoin. Les deux disent vrai, parce qu’ils ne parlent pas du même système.
Chez Alcyon, les techniciens saisissent leur compte rendu d’intervention le soir, depuis leur tablette. Le logiciel fonctionne, le réseau fonctionne, le serveur fonctionne. Mais aucune procédure ne dit quoi faire lorsqu’une intervention se termine après vingt heures, et les techniciens saisissent alors le lendemain, parfois le surlendemain. Le système informatique est intact ; le système d’information est défaillant — l’information arrive trop tard pour la planification du matin.
Il faut ajouter que la frontière entre les deux systèmes n’est pas toujours nette, et que l’épreuve ne demande pas de trancher à tout prix. Beaucoup de situations relèvent des deux : une panne de serveur est un incident informatique, et elle produit une information qui manque à une décision. Ce qu’on attend d’une copie n’est donc pas un classement mécanique : c’est de montrer qu’on sait distinguer le symptôme technique de son effet sur l’information, et de proposer le remède qui vise la bonne cause.
C’est la réponse réflexe, et elle est fausse une fois sur deux. Quand une information manque, cherchez d’abord laquelle des quatre ressources fait défaut : le matériel, le logiciel, les données ou la procédure. Dans le cas d’Alcyon, c’est la procédure, et changer de logiciel coûterait cher sans rien régler.
CCollecter, traiter, stocker
Le programme énumère cinq fonctions, et il les nomme : collecter, traiter, stocker, diffuser et sécuriser. Il faut savoir les citer, et surtout les reconnaître dans une situation — c’est la forme que prend la question à l’épreuve. Les trois premières se suivent dans le temps ; les deux dernières accompagnent tout le reste.
| La fonction | Ce qu’elle fait | Chez Alcyon |
|---|---|---|
| Collecter | Faire entrer les données dans le système | Le technicien saisit son compte rendu ; la machine remonte ses heures |
| Traiter | Transformer les données pour produire de l’information | Le système compte les interventions par référence de pièce |
| Stocker | Conserver les données et les retrouver | Six ans d’historique d’interventions en base |
| Diffuser | Porter l’information à qui en a besoin | Le tableau de bord mensuel, la fiche client sur la tablette |
| Sécuriser | Protéger les données et les accès | Chaque technicien n’accède qu’à ses clients |
Il faut prendre garde à ne pas confondre la fonction de traitement avec l’idée de calcul. Traiter, c’est transformer des données pour produire de l’information, et la transformation n’est pas toujours arithmétique : trier est un traitement, rapprocher deux fichiers en est un, filtrer en est un, mettre en forme en est un. Le début de ce chapitre l’avait annoncé avec ses quatre temps — rassembler, rattacher, calculer ou comparer, destiner — et un seul des quatre suppose un calcul.
Les trois premières fonctions forment une chaîne, et elle se lit dans l’ordre. On collecte d’abord, on traite ensuite, on stocke pour retrouver. L’ordre a une conséquence pratique : une faiblesse en amont ne se rattrape jamais en aval. Un traitement impeccable sur des données mal collectées produit une information fausse, et c’est la raison pour laquelle les organisations investissent tant sur la saisie.
DDiffuser et sécuriser
Les deux dernières fonctions ne viennent pas après les autres : elles les accompagnent. On diffuse à mesure qu’on traite, et l’on sécurise à chacune des cinq étapes — y compris la collecte, y compris le stockage. Les représenter comme deux dernières marches d’un escalier serait commode et faux.
Diffuser, c’est porter l’information à qui en a besoin, sous une forme qu’il peut utiliser. Les deux moitiés de la phrase comptent. Une information diffusée à tout le monde n’est pas mieux diffusée : on l’a montré plus haut à propos de l’accessibilité. Et une information diffusée dans un format inexploitable ne l’est pas non plus. Un état de deux cents pages envoyé par courriel est diffusé au sens matériel, et il ne l’est pas au sens du programme.
Sécuriser, c’est protéger les données et les accès. Le programme introduit ici la fonction, et il dit expressément qu’elle sera détaillée dans la quatrième partie. Nous nous en tenons donc à la nommer et à dire ce qu’elle recouvre. Nous n’entrons ni dans les critères de sécurité, ni dans les menaces, ni dans les parades. Le chapitre 19 les traitera pour eux-mêmes.
Nous ne publions ici ni les critères de sécurité, ni les menaces, ni les outils de protection. La colonne des limites de la sous-partie 1.1 le dit : la fonction de sécurisation est simplement introduite ici, pour être détaillée dans le thème 4. Ce n’est pas un oubli, c’est une répartition voulue par l’arrêté.
6Les cinq critères de qualité
ALe rôle opérationnel et le rôle tactique
Après les fonctions — ce que le système fait — le programme demande les rôles — ce à quoi il sert. Il en retient trois, et il les nomme : opérationnel, tactique et stratégique. La distinction se fait sur l’horizon de la décision que le système éclaire, et c’est ce critère-là qu’il faut employer pour classer.
| Le rôle | L’horizon | Ce que le système apporte | Chez Alcyon |
|---|---|---|---|
| Opérationnel | Le jour, la semaine | Faire tourner l’activité courante | La tournée du technicien, l’état du stock de pièces |
| Tactique | Le mois, le trimestre | Piloter, comparer au prévu, corriger | Le tableau de bord des interventions, le suivi des contrats |
| Stratégique | L’année et au-delà | Éclairer les choix qui engagent l’organisation | Faut-il ouvrir une antenne à Lyon, faut-il abandonner un métier |
Le même système d’information tient les trois rôles à la fois, et c’est ce qui rend le classement délicat. Ce n’est pas le système qu’on classe, c’est l’usage qu’on en fait. La même base d’interventions sert trois lecteurs. Le technicien qui prépare sa journée en fait un usage opérationnel. Le responsable qui suit la charge du mois en fait un usage tactique. Et la direction qui décide d’une implantation en fait un usage stratégique. Une copie qui écrit que le système d’information d’Alcyon est opérationnel se trompe de question.
Une précision utile en épreuve, parce qu’elle fait gagner du temps. Les trois rôles ne se répartissent pas les utilisateurs, ils se répartissent les décisions. Un même écran peut servir aux trois. La liste des interventions du jour est opérationnelle pour le technicien qui la suit. Elle est tactique pour le responsable qui y voit une surcharge. Et elle devient stratégique pour la direction si la surcharge se répète depuis trois ans. La question à poser reste toujours la même : sur quelle durée la décision engage-t-elle l’organisation ?
Demandez-vous quelle décision l’information éclaire, et sur quelle durée cette décision engage. Quelques jours : opérationnel. Quelques mois : tactique. Plusieurs années : stratégique.
BLe rôle stratégique, et la limite que pose le programme
Le rôle stratégique est celui que les manuels développent le plus, et c’est précisément celui sur lequel le programme pose une limite. On demande de mettre en évidence le rôle stratégique du système d’information — par exemple qu’un bon système permet de décider plus vite qu’un concurrent — mais on ne demande pas de maîtriser l’alignement stratégique ni la gouvernance des systèmes d’information.
Nous ne publions ni modèle d’alignement stratégique, ni dispositif de gouvernance des systèmes d’information : la colonne des limites dit que ces notions peuvent servir d’illustration du rôle stratégique, mais qu’elles n’ont vocation ni à être détaillées ni à être maîtrisées. Nous ne publions pas davantage les niveaux du système d’information ni ses sous-systèmes : la même colonne les écarte.
Ce que l’on peut dire du rôle stratégique tient alors en peu de mots, et c’est suffisant pour l’épreuve. Un système d’information joue un rôle stratégique quand l’information qu’il produit change la position de l’organisation, et non seulement son fonctionnement. Il ne s’agit plus d’aller plus vite ou de coûter moins cher : il s’agit de savoir quelque chose que les autres ne savent pas, ou de le savoir plus tôt.
Opérationnel : la tablette du technicien lui donne, le matin, la liste de ses interventions et l’historique de chaque machine — sans elle, il perd une heure par jour. Tactique : le tableau de bord mensuel montre que la charge des équipes du Sud dépasse de 18 % celle du Nord — on rééquilibre les secteurs. Stratégique : six ans d’historique montrent que les contrats d’entretien rapportent plus que la vente de matériel — la direction décide de faire porter l’effort commercial sur les contrats. Le troisième usage ne change pas une tournée : il change le métier.
CMatérielles, logicielles, données, procédures
Le programme demande enfin d’identifier et de classifier les ressources du système d’information et leurs usages. Il en retient quatre natures : matérielles, logicielles, données et procédures. La liste est fermée, et elle est plus riche qu’il n’y paraît : la quatrième — les procédures — est celle qu’on oublie, et c’est presque toujours celle qui manque quand un système ne produit pas ce qu’on en attend.
| La ressource | Ce qu’elle recouvre | Ce que sa faiblesse produit |
|---|---|---|
| Matérielles | Postes de travail, tablettes, serveurs, matériels réseau | Le traitement est lent ou impossible ; les données ne circulent pas |
| Logicielles | Systèmes d’exploitation, progiciels, applications | Le traitement ne fait pas ce qu’on attend, ou pas comme on l’attend |
| Données | Ce que le système contient : clients, interventions, pièces, tarifs | Le traitement fonctionne et le résultat est faux |
| Procédures | Les règles écrites ou non qui disent qui fait quoi, quand, et comment | Chacun fait autrement ; l’information arrive tard ou pas du tout |
Un mot sur les personnes, qui n’apparaissent pas comme une cinquième ressource dans l’arrêté et qui sont pourtant partout. Le programme range les personnes du côté des procédures : ce sont elles qui appliquent les règles, et une règle que personne n’applique n’existe pas. Il ne faut donc pas inventer une cinquième nature de ressource — la liste de l’arrêté est fermée — mais on peut parfaitement dire, en traitant des procédures, que leur mise en œuvre suppose des personnes formées. C’est ce que font les parties suivantes, qui portent sur les acteurs.
La colonne de droite est celle qui sert en épreuve. Quand un cas décrit une information qui manque, arrive tard ou se révèle fausse, on remonte à la ressource défaillante, et l’on propose le remède qui correspond. Un remède qui vise la mauvaise ressource coûte cher et ne corrige rien — on l’a déjà vu au chapitre précédent avec les cinq critères de qualité, et c’est le même raisonnement.
DPourquoi le mot interreliées est le mot important
Le programme n’écrit pas simplement les ressources : il écrit les ressources interreliées. L’adjectif n’est pas décoratif : il dit que les quatre se tiennent, et qu’aucune ne produit d’information sans les trois autres. C’est ce qui distingue un système d’un stock de matériel.
Le deuxième constat est celui que l’épreuve fait travailler le plus souvent, sous une forme très concrète : on décrit une organisation qui a investi dans un outil et qui n’en retire rien, et l’on demande pourquoi. La réponse est presque toujours qu’une autre ressource n’a pas suivi — les données n’ont pas été reprises, les procédures n’ont pas été réécrites, ou personne n’a été formé à s’en servir. Nous ne publions pas de statistique sur la fréquence de ces échecs : nous n’en avons trouvé aucune que nous puissions vérifier sur une source de première main.
Définir le système d’information et le distinguer du système informatique. Citer les cinq fonctions et les reconnaître dans un cas. Classer un usage du système à l’un des trois rôles, en justifiant par l’horizon de la décision. Nommer les quatre ressources, et rattacher une défaillance à celle qui la produit.
7Ce qu’est un système d’information
AUn système d’information est tenu par des personnes
Le chapitre précédent a montré que les procédures sont l’une des quatre ressources du système d’information, et que c’est presque toujours celle qui manque. Une procédure n’existe que si quelqu’un l’applique : c’est pourquoi le programme consacre une sous-partie entière aux personnes. On les appelle les acteurs du système d’information, et l’arrêté en dresse une liste qu’il faut connaître.
La compétence attendue est précise, et il vaut la peine de la lire en entier : distinguer les rôles des différents acteurs, leurs compétences et responsabilités dans le fonctionnement du système d’information, selon les particularités de l’organisation. Trois mots méritent attention. Distinguer : on demande de ne pas les confondre. Selon les particularités : le même intitulé recouvre des réalités différentes selon la taille et le métier. Rôles, compétences et responsabilités : trois choses distinctes, et l’épreuve les demande séparément.
| Le mot | La question qu’il pose | Un exemple de réponse |
|---|---|---|
| Le rôle | Que fait cette personne dans le système ? | Elle administre les serveurs et le réseau |
| Les compétences | Que doit-elle savoir faire ? | Configurer un serveur, diagnostiquer une panne réseau |
| La responsabilité | De quoi répond-elle si cela va mal ? | De la disponibilité des serveurs, non du contenu des données |
Demandez-vous ce que la personne perd si le système tombe. Son travail du jour : c’est un utilisateur. La machine dont elle répond : c’est un responsable d’infrastructure. Le projet qu’elle conduisait : c’est un chef de projet. La confiance de la direction : c’est le directeur des systèmes d’information.
Un mot sur la formule selon les particularités de l’organisation, que l’arrêté emploie et qui commande beaucoup de réponses. Les huit acteurs sont des rôles, non des postes. Dans une entreprise de deux mille personnes, chacun correspond à un service ; dans une entreprise de cent quarante, une même personne en tient trois ou quatre. Cela ne fait pas disparaître les rôles : cela oblige à se demander, quand une même personne les cumule, si le cumul pose un problème. Les exercices de ce chapitre y reviennent, à propos du cumul des rôles chez Alcyon.
BLa liste de l’arrêté, et ce qu’elle écarte
L’arrêté énumère huit acteurs internes et trois catégories d’acteurs externes. La liste est fermée, et c’est une bonne nouvelle : elle borne ce qu’il faut apprendre. La colonne des limites le dit expressément : l’ensemble des profils métiers issus de la nomenclature professionnelle n’a pas à être abordé, et seuls les emplois listés sont nécessairement connus.
- Les utilisateurs des progiciels et des applications
- Le directeur et les gestionnaires des systèmes d’information
- Les chefs de projets
- Les développeurs d’applications
- Le responsable des infrastructures informatiques
- Le Data Scientist
- Le Data Analyst
- Le responsable de la sécurité du système d’information
La fermeture de la liste change la manière de travailler cette sous-partie, et il faut le dire clairement. On n’apprend pas huit métiers : on apprend huit répartitions de responsabilité. La question d’examen ne sera jamais de définir le Data Scientist : elle sera de dire qui aurait dû faire quoi, et de quoi chacun répond. C’est un exercice de raisonnement sur un cas, et les huit fiches de ce chapitre sont faites pour y répondre vite.
Trois choses sont écartées, et il faut le savoir avant de réviser. D’abord, les autres profils métiers du système d’information : seuls les huit ci-dessus sont exigibles. Ensuite, le détail des fiches de poste et les compétences techniques avancées : on s’en tient aux rôles, aux compétences générales et aux responsabilités. Enfin, l’analyse approfondie des processus organisationnels et des modèles de gouvernance : une compréhension générale des interactions suffit.
Ces trois limites changent la façon de réviser. Il ne sert à rien d’apprendre par cœur ce qu’un développeur sait faire techniquement — quels langages, quels outils. Il sert en revanche de savoir dire de quoi il répond, et ce qui le distingue du chef de projet. L’épreuve donne un cas et demande qui aurait dû faire quoi : c’est un exercice de répartition, non de technique.
CLes utilisateurs des progiciels et des applications
L’arrêté commence sa liste par les utilisateurs, et l’ordre n’est pas indifférent. Les utilisateurs sont les plus nombreux, et ce sont eux qui alimentent le système. La qualité des données dépend d’abord d’eux — on l’a montré plus haut avec les trois origines — et la plupart des défaillances qu’un cas d’examen décrit commencent à la saisie.
| La question | La réponse | Ce qui la justifie |
|---|---|---|
| Son rôle | Il saisit les données de son activité et consulte les informations dont il a besoin | C’est le point d’entrée du système : sans saisie, aucune donnée |
| Ses compétences | Connaître son métier, et savoir se servir des outils qu’on lui donne | L’arrêté demande les compétences générales, non la technique |
| Sa responsabilité | De l’exactitude de ce qu’il saisit, et du respect des règles d’accès | Il ne répond ni du fonctionnement de l’outil ni de la sécurité du réseau |
Il vaut la peine de mesurer le poids de cet acteur, car les copies le sous-estiment. Chez Alcyon, quarante-deux techniciens saisissent chacun trois à six comptes rendus par jour. Le service informatique compte quatre personnes. La quasi-totalité de ce qui entre dans le système vient donc des utilisateurs, et aucune procédure de contrôle ne rattrape une saisie faite de travers par quarante-deux personnes. C’est pourquoi l’arrêté les cite en premier, et pourquoi les cas d’examen commencent si souvent par une erreur de saisie.
Le technicien saisit la durée de son intervention. S’il arrondit à l’heure supérieure par commodité, la charge des équipes est surestimée, et le rééquilibrage des secteurs se fera sur une information fausse. Personne d’autre que lui ne peut corriger cela : ni le logiciel, ni le responsable informatique. C’est en cela que l’utilisateur est un acteur du système d’information, et non un simple destinataire.
DLe responsable des infrastructures informatiques
Le responsable des infrastructures informatiques est celui dont on ne parle que lorsque quelque chose tombe. Son rôle est de faire fonctionner le socle technique : serveurs, réseau, postes de travail, sauvegardes. Le chapitre 2 décrira ce socle en détail ; ici, on retiendra seulement de quoi cette personne répond.
| La question | La réponse | Ce qui la justifie |
|---|---|---|
| Son rôle | Il installe, exploite et maintient les matériels, les réseaux et les serveurs | C’est la ressource matérielle du système d’information |
| Ses compétences | Administrer un système, un réseau, une sauvegarde ; diagnostiquer une panne | Compétences générales : l’arrêté n’attend pas le détail technique |
| Sa responsabilité | De la disponibilité et de la performance du socle technique | Il ne répond ni de l’exactitude des données ni de la pertinence des traitements |
Cet acteur occupe une position singulière, et il faut la comprendre pour ne pas lui imputer ce qui ne lui revient pas. Il est le seul dont le travail se voit uniquement quand il est mal fait. Un serveur qui tourne ne se remarque pas ; un serveur arrêté arrête l’entreprise. Il en résulte une difficulté que les cas d’examen exploitent : on lui demande des comptes chaque fois qu’une information manque, alors qu’une information peut manquer pour trois autres raisons — une donnée mal saisie, un traitement mal spécifié, une procédure absente.
C’est l’erreur la plus fréquente dans les cas d’examen. Une information fausse parce qu’elle a été mal saisie ne relève pas de lui. Une information qui arrive tard parce qu’aucune règle ne dit quand saisir ne relève pas de lui non plus. Il répond du fait que la machine marche, non de ce qu’on lui fait faire — et l’on a montré plus haut que c’est exactement la frontière entre système informatique et système d’information.
Une conséquence pratique pour la révision. Quand un cas décrit une défaillance, le premier réflexe doit être de se demander laquelle des quatre ressources du système d’information est en cause. Si c’est la ressource matérielle, alors le responsable des infrastructures est concerné. Si ce sont les données, c’est l’utilisateur ou le Data Analyst. Si c’est le logiciel, c’est le développeur ou son spécificateur. Si ce sont les procédures, c’est le directeur des systèmes d’information ou le responsable de la sécurité. Les quatre ressources donnent la clé de répartition des huit acteurs : c’est le lien que l’épreuve attend qu’on fasse.
8Fonctions, rôles et ressources du système
ALe chef de projet et le développeur d’applications
Deux acteurs construisent le système : le chef de projet et le développeur d’applications. Ils ne font pas la même chose, et l’épreuve aime le faire distinguer — parce que dans une petite organisation, c’est parfois la même personne, ce qui n’efface pas la différence des rôles.
| La question | Le chef de projet | Le développeur |
|---|---|---|
| Son rôle | Il conduit le projet : périmètre, délai, budget, coordination des intervenants | Il écrit, corrige et fait évoluer les applications |
| Ses compétences | Traduire un besoin métier en cahier des charges ; planifier ; arbitrer | Programmer ; comprendre une spécification ; tester |
| Sa responsabilité | Que le projet livre ce qui était prévu, dans les délais et le budget | Que le programme fasse ce que la spécification demande |
Le vocabulaire du projet appartient au programme, et il reviendra au chapitre 2. Trois mots seulement sont exigés à ce stade : le cahier des charges — le document qui dit ce qu’on veut ; la maîtrise d’ouvrage — celui qui exprime le besoin et qui paie ; la maîtrise d’œuvre — celui qui réalise. La colonne des limites précise qu’il s’agit d’une introduction au vocabulaire, et qu’aucune méthode de gestion de projet n’est à connaître.
Une remarque sur la maîtrise d’ouvrage, qui est le mot le plus malmené du vocabulaire des projets. La maîtrise d’ouvrage n’est pas un service informatique : c’est le métier qui a besoin de l’outil. Chez Alcyon, la maîtrise d’ouvrage d’une application de saisie d’intervention, c’est le responsable technique, non le développeur ni le directeur des systèmes d’information. L’image du bâtiment aide à s’en souvenir : le maître d’ouvrage est celui qui fait construire la maison et qui y habitera ; le maître d’œuvre est l’architecte qui la bâtit.
La colonne des savoirs de la sous-partie 1.4 écrit « maîtrise ouvrage », sans le d’. La colonne des limites de la même sous-partie écrit, elle, « maîtrise d’ouvrage ». La forme correcte est bien maîtrise d’ouvrage, et c’est elle qu’il faut employer en copie.
BLe directeur et les gestionnaires des systèmes d’information
Au sommet, l’arrêté nomme le directeur et les gestionnaires des systèmes d’information. Le pluriel du second terme importe : dans une organisation moyenne, il n’y a pas un directeur mais quelques personnes qui se partagent la conduite du système, et l’arrêté les vise ensemble.
| La question | La réponse | Ce qui la justifie |
|---|---|---|
| Son rôle | Il définit et met en œuvre la politique du système d’information, et arbitre les projets | C’est le seul acteur qui voie les quatre ressources ensemble |
| Ses compétences | Comprendre les métiers, dialoguer avec la direction générale, conduire un budget | L’arrêté demande des compétences générales, non techniques |
| Sa responsabilité | De la cohérence du système d’information avec les besoins de l’organisation | Il ne répond pas d’une panne isolée, mais du fait que le système serve à ce qu’on en attend |
Il faut mesurer ce que ce rôle a de particulier dans une petite organisation. Chez Alcyon, le directeur des systèmes d’information est à mi-temps et il est aussi directeur administratif. Cela ne supprime pas le rôle : quelqu’un arbitre bien entre la demande de la comptabilité et celle du service technique, et ce quelqu’un exerce, à ce moment-là, le rôle de directeur des systèmes d’information. La question d’examen portera donc rarement sur l’identité du directeur : elle portera sur ce qui a été arbitré, et sur quel critère.
La dernière ligne mérite d’être méditée, parce qu’elle explique la position particulière de cet acteur. Il ne répond de rien de précis, et il répond de tout ce qui compte. Aucune panne ne lui est imputable directement, mais si le système d’information ne produit pas l’information dont l’organisation a besoin, c’est lui qu’on interroge. C’est la raison pour laquelle son rôle est d’abord un rôle d’arbitrage : entre les demandes des métiers, qui sont toujours plus nombreuses que le budget.
CLe Data Analyst et le Data Scientist
Deux métiers récents figurent à la liste de l’arrêté, et il faut savoir les distinguer : le Data Analyst et le Data Scientist. Les deux travaillent sur les données ; ils ne répondent pas à la même sorte de question, et c’est là que se fait la distinction attendue.
| La question | Le Data Analyst | Le Data Scientist |
|---|---|---|
| La question qu’il traite | Que s’est-il passé, et pourquoi ? | Que va-t-il se passer, et que peut-on en déduire ? |
| Son rôle | Extraire, préparer et analyser les données pour produire des indicateurs et des rapports | Construire des modèles à partir des données pour prévoir ou classer |
| Ses compétences | Interroger une base, construire un tableau de bord, commenter un écart | Statistique et modélisation appliquées aux données de l’organisation |
| Sa responsabilité | De la justesse des indicateurs qu’il publie | De la validité du modèle qu’il propose, et de ses limites |
Ces deux métiers sont récents, et il faut se garder d’une lecture trop tranchée. Dans beaucoup d’organisations, une même personne fait les deux, et la frontière se déplace avec les outils. Ce que l’épreuve demande n’est donc pas de trancher qui fait quoi dans le monde réel : c’est de savoir dire ce qui distingue les deux démarches, décrire ce qui s’est passé d’un côté, prévoir ou classer de l’autre. La colonne des limites nous dispense expressément d’aller plus loin.
Le Data Analyst produit l’état qui montre que la pièce R-214 a été changée dix-sept fois en mars contre quatre en février. Il décrit ce qui s’est passé, et il en cherche la cause dans les données. Le Data Scientist construit un modèle qui, à partir des heures de fonctionnement et de l’âge de la machine, estime la probabilité qu’une pièce lâche dans les trois mois. Le premier regarde derrière, le second devant, et les deux travaillent sur les mêmes données.
DLe responsable de la sécurité du système d’information
Le dernier acteur interne de la liste est le responsable de la sécurité du système d’information. Le programme le nomme ici et détaille son domaine au thème 4 : nous nous en tenons donc à son rôle et à sa responsabilité, sans entrer dans les menaces ni dans les parades.
| La question | La réponse | Ce qui la justifie |
|---|---|---|
| Son rôle | Il définit la politique de sécurité, en contrôle l’application et traite les incidents | La sécurisation est l’une des cinq fonctions du système d’information |
| Ses compétences | Analyser un risque, définir une règle d’accès, sensibiliser les utilisateurs | Compétences générales : le détail technique relève du thème 4 |
| Sa responsabilité | De la définition et du contrôle des règles, non de leur application quotidienne par chacun | Le facteur humain reste sous la responsabilité de chaque utilisateur |
Une dernière remarque sur la place de cet acteur dans le programme. Il est nommé ici, dans la première partie, et son domaine est détaillé dans la quatrième. Ce n’est pas une hésitation de l’arrêté : c’est la même logique que pour la fonction de sécurisation, plus haut dans ce chapitre. On veut que l’étudiant sache dès le début qu’il existe un acteur qui répond de la sécurité, sans l’obliger à connaître les menaces avant d’avoir vu ce qu’est un réseau. Le chapitre 19 reprendra le sujet, et cette fois pour lui-même.
La dernière ligne est celle qui surprend, et c’est celle que l’épreuve fait travailler. La sécurité n’est pas déléguée à une personne : elle est définie par elle, et appliquée par tous. Un utilisateur qui prête son mot de passe engage sa propre responsabilité, quelle que soit la qualité de la politique écrite. Le chapitre 19 y reviendra sous le nom de facteur humain.
Nous ne publions ni fiche de poste, ni référentiel de compétences techniques, ni organigramme type d’une direction des systèmes d’information : la colonne des limites de la sous-partie 1.2 écarte le détail des fiches de poste et les compétences techniques avancées. Nous ne publions pas davantage les autres profils métiers du système d’information : seuls les emplois que l’arrêté énumère sont exigibles.
9Les acteurs internes
ALes utilisateurs et partenaires : clients, fournisseurs
Le chapitre précédent a traité les huit acteurs qui appartiennent à l’organisation. L’arrêté en nomme trois autres, qui n’en font pas partie et qui pèsent pourtant sur son système d’information : les utilisateurs et partenaires, les entreprises de services du numérique, et les éditeurs. Le mot externe ne veut pas dire secondaire : dans beaucoup d’organisations, l’essentiel du système est tenu par des tiers.
La première catégorie surprend, parce qu’elle mêle des gens que l’on ne range pas d’ordinaire ensemble : les utilisateurs et partenaires — clients, fournisseurs, et autres. Ce qui les réunit est simple : ce sont des personnes extérieures qui entrent dans le système d’information ou qui l’alimentent, sans appartenir à l’organisation.
| Le partenaire | Ce qu’il y met | Ce qu’il en tire |
|---|---|---|
| Le client | Sa commande, ses coordonnées, sa réclamation | L’état de sa commande, sa facture, l’historique de ses interventions |
| Le fournisseur | Son catalogue, ses tarifs, ses délais | Les commandes qu’on lui passe, les règlements |
| L’administration | Les obligations déclaratives et leurs formats | Les déclarations que l’organisation lui transmet |
Alcyon a ouvert un espace en ligne où ses clients déclarent une panne. Le restaurateur y saisit son numéro de contrat, décrit le symptôme et choisit un créneau. Il vient donc de faire ce que faisait l’accueil téléphonique : il est entré dans le système d’information. Trois conséquences en découlent : la saisie n’est plus contrôlée par un salarié, l’espace doit être conçu pour quelqu’un qui ne connaît pas les conventions internes, et il faut décider ce que le client a le droit de voir.
Il faut mesurer ce que cette ouverture change, car elle est récente et générale. Il y a vingt ans, le système d’information d’une entreprise s’arrêtait à ses murs. Aujourd’hui, un client saisit sa commande, un fournisseur consulte l’état des stocks, une administration reçoit une déclaration produite automatiquement. La frontière du système ne coïncide plus avec celle de l’organisation, et c’est la raison pour laquelle l’arrêté consacre une part entière de sa liste à des gens qui ne sont pas salariés.
BLes entreprises de services du numérique et les éditeurs
Les deux autres catégories sont des entreprises du numérique, et l’arrêté les distingue : les entreprises de services du numérique d’un côté, les éditeurs de l’autre. La distinction n’est pas de vocabulaire : elles ne vendent pas la même chose, et l’organisation ne dépend pas d’elles de la même façon.
| La question | L’entreprise de services du numérique | L’éditeur |
|---|---|---|
| Ce qu’elle vend | Une prestation : conseil, développement, installation, exploitation | Un logiciel, et le droit de s’en servir |
| Ce dont l’organisation dépend | De personnes et de leur disponibilité | D’un produit, de ses évolutions et de sa pérennité |
| Ce qui se passe si elle disparaît | On change de prestataire, à condition d’avoir gardé la maîtrise de ce qu’il faisait | Le logiciel cesse d’évoluer, et il faut en changer — ce qui suppose de reprendre les données |
La distinction entre les deux se brouille aussi parce que le mode de vente a changé. Un logiciel loué en ligne, facturé au mois et hébergé chez son éditeur, est à la fois un produit et une prestation. Le chapitre 2 nommera cette façon de faire ; ici, on retiendra seulement qu’elle cumule les deux dépendances : on dépend du produit pour ce qu’il sait faire, et de la prestation pour qu’il continue de fonctionner. Ce n’est ni un avantage ni un inconvénient en soi : c’est une dépendance de plus à mesurer.
Une même entreprise joue parfois les deux rôles, et c’est fréquent. Un éditeur qui vend son logiciel et facture aussi l’installation, la formation et l’assistance est éditeur pour le produit et prestataire pour le service. La distinction reste utile, parce que les deux dépendances ne se traitent pas de la même manière : on renégocie une prestation, on migre d’un produit.
Le programme range les fournisseurs parmi les partenaires, et les éditeurs dans une catégorie à part. Le fournisseur d’Alcyon lui vend des fours : il alimente le système d’information avec son catalogue. L’éditeur lui vend le logiciel de gestion des interventions : il fournit une ressource logicielle du système lui-même. Le premier est une source de données ; le second est un morceau du système.
CCe qui se décide chez soi et ce qui se décide ailleurs
La présence d’acteurs externes déplace la frontière de ce qu’une organisation décide elle-même. Certaines décisions restent toujours chez elle ; d’autres se prennent chez le prestataire ou chez l’éditeur, et l’organisation ne peut alors que choisir de rester ou de partir. Savoir où passe cette frontière est ce que l’épreuve demande.
| La décision | Où elle se prend | Pourquoi |
|---|---|---|
| Quelles données on collecte, et pour quoi faire | Chez soi, toujours | C’est le besoin d’information, et il appartient à l’organisation |
| Comment le logiciel calcule une remise | Chez l’éditeur, dans les limites du paramétrage | Le produit est standard : on le règle, on ne le réécrit pas |
| Quand une nouvelle version est publiée | Chez l’éditeur | L’organisation subit le calendrier, sauf clause contraire |
| Qui accède à quoi | Chez soi | Les droits d’accès traduisent l’organisation du travail |
| Combien de temps une panne dure | Partagé, et c’est ce que le contrat doit dire | Le prestataire s’engage sur un délai ; encore faut-il l’avoir écrit |
Une manière simple de retenir cette répartition consiste à se demander ce qui serait vrai chez n’importe quelle autre entreprise. Ce qui est propre à Alcyon reste chez Alcyon : ses clients, ses tarifs, ses règles d’accès, ses besoins d’information. Ce qui est le même chez ses trois cents confrères se décide chez l’éditeur : la façon dont le logiciel calcule, le rythme des versions, les fonctions offertes. C’est la contrepartie du progiciel : on paie moins cher parce qu’on partage le produit, et l’on partage donc aussi les décisions qui le concernent.
La dernière ligne mérite qu’on s’y arrête, parce qu’elle annonce le chapitre 3. Ce qui n’est pas écrit dans le contrat n’est pas dû. Une organisation qui n’a pas fait écrire un délai de rétablissement n’a aucun moyen de l’exiger, quelle que soit la qualité de la relation. C’est la raison pour laquelle l’arrêté demande d’analyser les clauses spécifiques d’un contrat de prestations de services informatiques.
DLa dépendance, et comment on la mesure
Le mot dépendance revient souvent, et il est employé de façon trop vague. Une dépendance se mesure, et elle se mesure par ce qu’il en coûterait de changer. Trois questions suffisent, et elles se posent dans cet ordre.
Il vaut la peine de dire pourquoi cette mesure se fait au moment de choisir, et non plus tard. Une dépendance ne se constate pas : elle se construit, un peu chaque année. La première année, on garde encore la mémoire de son système ; la troisième, plus personne en interne ne sait comment il est monté ; la cinquième, le prestataire est le seul à pouvoir le faire fonctionner. Rien de dramatique ne s’est produit à aucun moment, et l’organisation est pourtant devenue captive. C’est pourquoi les clauses qui permettent de partir se négocient au moment où l’on a encore le choix de ne pas signer.
La troisième question explique une clause qui paraît technique et qui ne l’est pas : la réversibilité. Elle prévoit ce qui se passe à la fin du contrat — sous quelle forme les données sont rendues, dans quel délai, et à quel prix. Une organisation qui n’a pas fait écrire cette clause découvre au moment de partir que ses six ans d’historique sont dans un format qu’elle ne sait pas lire. Le chapitre 3 y reviendra, et le chapitre 2 dira ce qu’est un format d’échange.
Une prestation à 8 k€ par an peut créer une dépendance totale, si elle est la seule à savoir faire fonctionner un outil dont l’entreprise dépend. Une prestation à 200 k€ peut n’en créer aucune, si trois autres entreprises savent la reprendre demain. Ce qui compte est le coût de sortie, non le prix d’entrée.
10Les acteurs externes, et la lecture d’un cas par ses acteurs
AAvec les métiers : traduire un besoin en solution
La seconde compétence de la sous-partie porte sur les interactions : analyser les interactions des gestionnaires des systèmes d’information avec l’ensemble des acteurs. Le mot ensemble compte : avec les métiers, avec la direction, avec les tiers. La colonne des limites précise qu’une compréhension générale suffit, sans analyse approfondie des processus organisationnels ni des modèles de gouvernance.
L’interaction la plus difficile est celle avec les métiers, et elle a un nom : traduire un besoin en solution. Le métier exprime un manque dans ses mots. Il dira, par exemple, qu’il ne sait pas quels clients ont eu trois interventions cette année. Le gestionnaire du système doit en tirer une demande réalisable : une requête, un écran, un état — ou rien du tout, si l’information existe déjà ailleurs.
Ce travail de traduction est le cœur du métier, et c’est aussi ce que l’épreuve valorise le plus. Un candidat qui répond qu’il faut acheter un logiciel de planification montre qu’il n’a rien traduit. Un candidat qui écrit ceci montre au contraire exactement le raisonnement attendu. La décision à prendre est de repérer les techniciens surchargés la semaine suivante. L’information nécessaire est la somme des durées estimées par technicien et par semaine. Et elle existe déjà dans la base. La différence ne tient pas à la connaissance technique : elle tient à l’ordre des questions.
Le responsable technique d’Alcyon demande un état des clients ayant eu plus de deux interventions dans l’année. Le gestionnaire du système constate que la base contient tout ce qu’il faut : il écrit une requête en un quart d’heure, et il n’y a ni projet, ni budget, ni développement. C’est exactement ce que le chapitre 6 apprendra à faire, et c’est pourquoi le SQL occupe quarante-cinq heures du programme.
BAvec la direction et avec les fournisseurs
Avec la direction générale, l’interaction porte sur autre chose : non sur ce qu’on fait, mais sur ce qu’on ne fait pas. Le budget du système d’information est toujours inférieur à la somme des demandes, et le gestionnaire du système est celui qui rend l’arbitrage possible — en disant ce que chaque demande coûte, et ce qu’elle rapporte.
Avec les tiers — prestataires et éditeurs — l’interaction prend une forme contractuelle. Le gestionnaire du système n’achète pas seulement une prestation : il en définit le périmètre, il en contrôle l’exécution, et il garde la maîtrise de ce qui permettrait d’en changer. C’est la troisième question de la mesure de dépendance, et elle se prépare au moment de signer, non au moment de partir.
| L’interlocuteur | Ce qui se joue | La difficulté propre |
|---|---|---|
| Les métiers | Traduire un besoin en solution | Le métier demande un outil quand il faudrait nommer une décision |
| La direction générale | Arbitrer entre des demandes plus nombreuses que le budget | Chiffrer ce qu’une demande coûte, et ce que le renoncement coûterait |
| Les prestataires et éditeurs | Définir, contrôler, et garder la possibilité de partir | Ce qui n’est pas écrit au contrat n’est pas dû |
Une remarque sur la conversation budgétaire, parce qu’elle revient dans les cas d’examen. Un budget informatique ne se défend jamais en bloc. Présenté comme un total, il paraît toujours élevé, et la direction générale n’a aucun moyen de juger. Présenté demande par demande, avec ce que chacune coûte et ce que le renoncement coûterait, il devient un arbitrage — et l’arbitrage appartient alors à la direction, ce qui est sa place. Le gestionnaire du système ne décide pas ; il met la direction en état de décider.
CLa grille : qui décide, qui exécute, qui subit
À l’épreuve, un cas décrit une situation et demande qui fait quoi. La grille qui répond le plus vite tient en trois colonnes : qui décide, qui exécute, qui subit. Elle n’est pas dans l’arrêté — c’est une méthode de lecture que nous proposons — mais elle range les onze acteurs internes et externes en une seule lecture du texte.
| La colonne | La question | Ce qu’on y met chez Alcyon |
|---|---|---|
| Qui décide | Qui a arbitré, ou qui aurait dû arbitrer ? | Le directeur des systèmes d’information ; la direction générale pour ce qui engage l’entreprise |
| Qui exécute | Qui a fait, ou qui aurait dû faire ? | Le responsable des infrastructures, le développeur, le prestataire, l’éditeur |
| Qui subit | Qui perd du temps, de l’information ou de l’argent ? | Les techniciens, l’accueil, les clients |
Un mot sur l’usage de cette grille en temps limité. Elle se remplit en marge du sujet, pendant la première lecture, et elle prend deux minutes. Son intérêt est de faire apparaître les cases vides, qui sont presque toujours le nœud du cas : personne ne décide, personne ne contrôle, personne ne rend compte. Un candidat qui commence par là écrit ensuite une réponse ordonnée, au lieu de commenter les faits dans l’ordre où le sujet les donne.
La grille sert aussi à repérer ce qui manque. Une case vide dans la colonne qui décide est le signe le plus sûr d’un défaut d’organisation : personne n’arbitre, donc chacun fait comme il l’entend. C’est ce qu’on a vu plus haut avec la ressource procédures, et c’est le diagnostic le plus fréquent des cas d’examen.
DCe que le programme écarte : gouvernance et processus détaillés
Le programme borne ici deux choses, et il faut les avoir en tête pour ne pas perdre de temps. D’abord, la connaissance des acteurs externes se limite aux trois catégories citées : utilisateurs et partenaires, entreprises de services du numérique, éditeurs. Ensuite, l’analyse des interactions reste générale : ni processus organisationnels détaillés, ni modèles de gouvernance des systèmes d’information.
Nous ne publions aucun modèle de gouvernance des systèmes d’information : la colonne des limites de la sous-partie 1.2 demande une compréhension générale des interactions, sans analyse approfondie des processus organisationnels ni des modèles de gouvernance. Nous ne publions pas davantage de typologie des contrats de prestation : elle relève de la sous-partie 1.5, et le chapitre 3 la traitera. Nous n’avons trouvé aucune statistique vérifiable sur la part des systèmes d’information externalisés en France : nous n’en publions donc aucune.
On peut résumer tout le chapitre par une conséquence pratique. Puisque des tiers tiennent des morceaux du système, la question n’est plus seulement de savoir ce que l’organisation fait, mais ce qu’elle garde. Elle garde toujours son besoin d’information, ses droits d’accès et la responsabilité de ses données. Elle doit décider, en outre, ce qu’elle garde de connaissance sur son propre système — car c’est cela, et non le contrat, qui lui permettra de partir. Le chapitre 3 posera la question de front, sous le nom d’internalisation et d’externalisation.
Il reste une idée à emporter, et elle vaut pour toute l’unité. La frontière de l’organisation ne coïncide pas avec celle de son système d’information. Des clients y entrent, des prestataires en tiennent des morceaux, des éditeurs en décident l’évolution. Diriger un système d’information consiste donc moins à commander qu’à coordonner, et c’est ce que la sous-partie suivante — les choix organisationnels — va mettre en question.
✳La carte mentale
Sept branches, à redessiner de mémoire avant l'épreuve.
≡L’information et le système d’information
- La donnée : un élément brut, isolé et non interprété.
- L’information : une donnée traitée, organisée et contextualisée, qui prend du sens pour un utilisateur.
- La connaissance : l’appropriation de l’information par un individu, qui lui permet d’analyser, de décider et d’agir.
| Où la chose se trouve | Ce que c’est |
|---|---|
| Dans un fichier, sans commentaire | Une donnée |
| Dans un rapport, avec son unité et sa période | Une information |
| Dans la tête de quelqu’un, perdue s’il s’en va | Une connaissance |
- Rassembler : mettre la donnée avec ses semblables.
- Rattacher : dire de quoi elle parle, en quelle unité.
- Calculer ou comparer : appliquer une opération.
- Destiner : dire à qui la réponse sert.
| L’origine | Le risque propre |
|---|---|
| La saisie par une personne | Faute de frappe, champ oublié, doublon |
| La mesure par un appareil | Panne du capteur, décalage d’horloge |
| La réception d’un tiers | Format inattendu, version périmée |
- Prendre un jugement pour une information.
- Prendre une information datée et rattachée pour une donnée.
- Croire que beaucoup de données vaut bien informé.
- Aucune définition de la compétence : la colonne des limites de la sous-partie 1.1 l’écarte expressément.
- Aucun niveau ni sous-système du SI : la même colonne dit qu’ils ne sont pas à aborder.
- Aucune procédure de contrôle de la qualité d’une information : elle est écartée elle aussi.
| Le critère | La question à poser |
|---|---|
| Accessibilité | Est-elle arrivée à la bonne personne, à temps, légalement ? |
| Actualité | De quand datent les données qu’elle porte ? |
| Exactitude | D’où vient-elle, et peut-on la vérifier ? |
| Pertinence | Sert-elle à la décision qu’on doit prendre ? |
| Exhaustivité | Manque-t-il quelque chose pour décider ? |
- Disponible au moment opportun pour le destinataire.
- Conforme à la législation.
- Accès sécurisé conforme aux droits des utilisateurs.
Ce que tu sais faire maintenant
- Définir une donnée dans les mots du programme.
- Définir une information, et nommer les trois traits qui la caractérisent.
- Définir une connaissance, et citer les trois verbes qu’elle permet.
- Classer un élément donné à l’une des trois marches, et le justifier.
- Décrire les quatre temps du passage de la donnée à l’information.
- Nommer les trois origines d’une donnée et le risque propre à chacune.
- Expliquer pourquoi une même donnée peut informer l’un et pas l’autre.
- Expliquer pourquoi une connaissance ne se stocke pas dans une base.
- Dire ce que la sous-partie 1.1 du programme écarte expressément.
- Repérer les trois erreurs de classement les plus fréquentes.
- Définir la qualité d’une information dans les mots du programme.
- Citer les cinq critères, sans en oublier ni en ajouter.
- Nommer les trois exigences que recouvre l’accessibilité.
- Distinguer la date du document et la date des données qu’il porte.
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Un chiffre qui ne tombe pas juste, un compte qui n’existe plus, une phrase incompréhensible : dites-nous ce que vous avez vu, nous le vérifions.