À quoi sert un coût
Ce que tu sauras faire : Choisir la méthode de calcul adaptée à la décision à prendre.
1. La comptabilité de gestion n’est pas la comptabilité générale
ADeux comptabilités, deux publics
Ce qui les sépare
| Comptabilité générale | Comptabilité de gestion | |
|---|---|---|
| Pour qui | L’extérieur : fisc, banque, associés | L’intérieur : les dirigeants |
| Obligatoire ? | Oui | Non |
| Règles | Le plan comptable, la loi | Celles que l’entreprise se donne |
| Découpage | Par nature de charge | Par destination : produit, atelier, client |
| Rythme | Annuel, parfois trimestriel | Mensuel, hebdomadaire, à la demande |
| Objectif | Mesurer le résultat | Éclairer une décision |
Le coût
La somme des charges rapportées à un objet — un produit, une commande, un atelier, un client — à un moment donné du cycle, avec un contenu défini.
Il n’y a pas « un » coût du produit
Le cadre Route a un coût d’achat de sa matière, un coût de production, un coût de revient, un coût variable et un coût marginal. Tous sont exacts.
La question n’est jamais « quel est le coût ? », c’est toujours « quel coût pour quelle décision ? ».
BLe vocabulaire à fixer tout de suite
Les mots, et ce qu’ils désignent
| Mot | Ce qu’il désigne |
|---|---|
| Charge | Une consommation de la période, en euros |
| Coût | Un regroupement de charges sur un objet |
| Marge | Un prix de vente moins un coût |
| Résultat analytique | Ventes moins coût de revient — un résultat par produit |
| Unité d’œuvre | Ce qui sert à répartir : l’heure, le kilo, la commande |
Une même facture, deux lectures
La comptabilité générale classe une facture d’électricité au compte Fournitures non stockables. La comptabilité de gestion la répartit entre l’atelier, le magasin et l’administration.
Le montant est le même. Ce qui change, c’est la question à laquelle il répond : « combien avons-nous dépensé en électricité ? » d’un côté, « combien l’atelier a-t-il coûté ? » de l’autre.
Le fil rouge de cette matière
Cadres du Nord, à Lille, fabrique des cadres de vélo en aluminium : le cadre Route, haut de gamme, et le cadre Ville, plus simple et plus vendu.
Ses chiffres de septembre servent à tous les chapitres : 237 000,00 € de ventes, 194 400,00 € de coût de revient, 42 600,00 € de résultat.
2. Un coût se définit par trois choix
ALe champ d’application : de quoi calcule-t-on le coût ?
Les objets de coût les plus courants
- Un produit ou une famille de produits.
- Une commande, un chantier, un dossier.
- Un centre de travail : atelier, magasin, service.
- Un client ou un canal de vente.
- Une activité : lancer une série, traiter une commande.
Le même mois, trois objets différents
Par produit : le cadre Route coûte 309,00 € l’unité, le cadre Ville 169,50 €.
Par centre : l’atelier a coûté 79 200,00 € pour 1650 heures.
Par activité : approvisionner a coûté 1 440,00 € pour 3200 kg.
Trois découpages, les mêmes factures.
BLe moment et le contenu
Trois moments de calcul
| Moment | Nom | À quoi il sert |
|---|---|---|
| Avant | Coût préétabli | Fixer un prix, budgéter, chiffrer un devis |
| Pendant | Coût constaté en cours de période | Alerter, corriger |
| Après | Coût réel ou constaté | Mesurer, comparer au préétabli |
Deux contenus possibles
| Contenu | Ce qu’il englobe | Usage |
|---|---|---|
| Coût complet | Toutes les charges, directes et indirectes | Valoriser un stock (au coût de production), fixer un prix de long terme |
| Coût partiel | Une sélection : variables seules, ou spécifiques | Décider : abandonner, accepter, sous-traiter |
Un coût complet ne dit pas s’il faut arrêter un produit
Le cadre Ville ne rapporte que 15,50 € par unité. Faut-il l’arrêter ?
Impossible à dire avec ce chiffre : il contient une part de charges fixes qui continueraient d’exister après l’abandon. La bonne méthode est celle du chapitre 11.
3. Choisir la méthode d’après la décision
ALe tableau à retenir
Huit questions, six méthodes — le coût complet répond à trois d’entre elles. Tout le programme tient dans ce tableau.
Quelle question, quelle méthode
| La question | La méthode |
|---|---|
| Combien vaut mon stock au bilan ? | Coût de production (complet, hors sous-activité) |
| À quel prix vendre durablement ? | Coût complet |
| Quels produits font mes résultats ? | Coût complet, par produit |
| À partir de quel volume suis-je rentable ? | Coût variable et seuil de rentabilité |
| Faut-il abandonner ce produit ? | Coût spécifique |
| Faut-il accepter cette commande à prix cassé ? | Coût marginal |
| Pourquoi ce mois-ci a-t-il coûté plus cher ? | Écarts sur coûts préétablis |
| Mon atelier tourne-t-il à plein ? | Imputation rationnelle |
Le test de la charge qui disparaît
Devant toute décision, demande-toi : cette charge disparaîtrait-elle si je décidais autrement ?
· Oui → elle compte dans la décision.
· Non → elle est sans objet, quel que soit son montant.
BCe qu’un coût ne dit jamais
Les quatre limites à garder en tête
- Un coût est daté : celui de septembre ne vaut pas pour décembre.
- Un coût dépend de conventions : changer de clé de répartition change le coût sans rien changer à la réalité.
- Un coût ignore la qualité, le délai, la satisfaction — qui décident pourtant des ventes.
- Un coût moyen cache les extrêmes : la moyenne de deux commandes très différentes ne décrit aucune des deux.
Deux clés de répartition, deux coûts, aucun faux
Cadres du Nord répartit le loyer de son atelier au prorata des heures de main-d’œuvre. Le cadre Route en supporte alors 45 %.
Si elle le répartissait au prorata de la surface occupée, le cadre Route — dont les gabarits sont encombrants — en supporterait 60 %.
Les deux clés sont défendables. Le coût de revient du cadre Route change pourtant de plusieurs euros. C’est pourquoi une clé de répartition se justifie dans une note, et ne se change pas d’une période à l’autre sans raison.
Les trois questions avant tout calcul
De quoi calcule-t-on le coût ? L’objet.
Quand ? Préétabli ou réel.
Avec quoi dedans ? Complet ou partiel.
Un candidat qui écrit ces trois réponses avant de calculer ne se trompe presque jamais de méthode.
Signaler une erreur dans ce chapitre
Un chiffre qui ne tombe pas juste, un compte qui n’existe plus, une phrase incompréhensible : dites-nous ce que vous avez vu, nous le vérifions.