- DCG
- UE 12 — Anglais des affaires
- Chapitre 1
- Les corrections
Les corrections : L’épreuve d’anglais des affaires, et ce que le jury attend
8 corrections détaillées, avec le raisonnement pas à pas et l’erreur fréquente.
01 Reconnaître les trois écrits
Pour chacune des consignes suivantes, dites de quel exercice il s’agit, dans quelle langue il se rédige et quel est son calibre.
a. « Comment on document 4. »
b. « En vous appuyant sur les quatre documents fournis, vous rédigerez en français une note qui rendra compte de la problématique du dossier. »
c. « Vous êtes Sam RIGHT, directeur juridique de GreenFuture. Vous rédigez un courriel adressé à Blake MARCH, PDG. Formules et présentation d’usage. »
a. Le commentaire du document iconographique. En anglais, 150 mots ± 10 %, soit de 135 à 165. Le document 4 est toujours le dessin de presse.
b. La note de synthèse. En français, 250 mots ± 10 %, soit de 225 à 275. Elle vaut à elle seule dix des vingt points.
c. L’écrit professionnel. En anglais, 150 mots ± 10 % pour le corps, les éléments périphériques n’étant pas comptés. La mention « formules et présentation d’usage » impose les en-têtes et les formules d’appel et de politesse.
Les trois portent la même obligation : indiquer le nombre de mots utilisés, sur la copie, à la fin de chaque texte.
02 Compter, et dire si le calibre est tenu
Un candidat rend les trois textes suivants. Dites, pour chacun, s’il est dans le calibre, et de combien il s’en écarte le cas échéant.
a. Note de synthèse : 218 mots.
b. Commentaire : 149 mots.
c. Écrit professionnel : 171 mots pour le corps.
d. Écrit professionnel d’un autre candidat : 168 mots, dont 22 pour les en-têtes et la formule de politesse.
Les bornes. Synthèse : 250 ± 10 %, soit de 225 à 275. Écrits anglais : 150 ± 10 %, soit de 135 à 165.
a. Hors calibre, de sept mots. 218 est en dessous de 225. C’est peu, et c’est pourtant un manquement à la consigne : sept mots de plus auraient suffi.
b. Dans le calibre. 149 est confortablement entre 135 et 165.
c. Hors calibre, de six mots. 171 dépasse 165.
d. Dans le calibre. Les vingt-deux mots d’en-têtes et de politesse sont des éléments périphériques, que la consigne exclut expressément du décompte : le corps compte donc 168 − 22 = 146 mots, ce qui est dans les bornes.
La leçon de la question d : savoir ce qui compte vaut autant que savoir compter. Un candidat qui aurait retranché des phrases du corps pour tomber à 150 aurait appauvri sa réponse sans nécessité.
03 Répartir trois heures
Un candidat sort de l’épreuve et raconte : « J’ai lu les documents pendant dix minutes, puis j’ai rédigé la synthèse directement au propre en une heure quarante. Il me restait une heure : j’ai fait le commentaire en trente-cinq minutes et le courriel en vingt-cinq. Je n’ai pas eu le temps de relire ni de compter. »
Diagnostiquez cette gestion du temps et proposez une répartition corrigée, en justifiant chaque déplacement.
Le diagnostic.
La lecture est trop courte. Dix minutes pour neuf cents mots d’anglais ne permettent pas de dégager une problématique : le candidat a probablement paraphrasé les documents au lieu de les confronter, ce qui est précisément le reproche que les rapports font aux synthèses faibles.
La synthèse est trop longue. Une heure quarante pour dix points, contre une heure pour les dix autres : le temps ne suit pas les points.
L’absence de décompte est la faute la plus grave. La consigne dit « vous indiquerez obligatoirement le nombre de mots utilisés », et le rapport 2023 écrit que le non-respect du calibre est « pénalisé, parfois lourdement ». Sans décompte, le candidat ne sait même pas s’il est dans les bornes.
La répartition corrigée. Vingt minutes de lecture, quinze de plan, quarante-cinq de rédaction de la synthèse — soit 1 h 20 au total contre 1 h 50 —, trente-cinq minutes de commentaire, quarante minutes d’écrit professionnel, et vingt-cinq minutes de décompte et de relecture.
Le déplacement décisif : les trente minutes retirées à la rédaction de la synthèse vont pour moitié à sa préparation — le plan — et pour moitié à la relecture finale. Le candidat écrit moins longtemps et rend un meilleur texte, parce qu’il sait où il va avant de commencer.
04 Débusquer le franglais
Les phrases suivantes sont tirées de copies fictives. Repérez le franglais, et proposez une formulation anglaise acceptable.
a. The company decided to stop the télétravail.
b. Our chiffre d’affaires increased by 12 % last year.
c. The salariés are not happy with this decision.
d. We must respect the délais fixed by the client.
e. The direction announced the decision without consultation.
a. télétravail → remote work, ou working from home, ou teleworking. → The company decided to stop remote work.
b. chiffre d’affaires → turnover en anglais britannique, revenue ou sales en anglais américain. → Our turnover increased by 12 % last year.
c. salariés → employees, ou staff (indénombrable et collectif), ou workers. → The employees are not happy with this decision.
d. délais → deadlines, ou lead times s’il s’agit de délais de livraison. → We must meet the deadlines set by the client. Notez au passage que l’anglais dit to meet a deadline, non to respect.
e. Ce n’est pas du franglais : c’est un faux ami, et il est plus insidieux. Direction existe en anglais, mais il y désigne une orientation, pas une équipe dirigeante. → The management announced the decision, ou the board, ou senior management.
La règle générale, que le jury écrit lui-même : lorsqu’un terme anglais n’est pas connu, une paraphrase vaut mieux qu’un mot français. Le mot français en italique ne passe jamais.
05 Décrire ou analyser
Voici quatre phrases tirées de commentaires de dessin. Classez-les en « description » et « analyse », puis dites quelle proportion de chaque un commentaire de cent cinquante mots devrait comporter.
a. On the left, a manager is holding a stopwatch.
b. The stopwatch suggests that presence is being measured instead of work.
c. The office in the background is empty and brightly lit.
d. By drawing the workers from behind, the cartoonist denies them a voice.
Description : a et c. Elles disent ce que le dessin montre, et rien de plus. Les verbes sont ceux du constat : is holding, is empty and brightly lit.
Analyse : b et d. Elles disent ce que le dessin veut dire. Les verbes sont ceux de l’interprétation : suggests, denies. La phrase d franchit un pas de plus en nommant l’auteur — the cartoonist — et son intention.
La proportion. Sur cent cinquante mots, comptez trente à quarante mots de description, pas davantage : deux ou trois phrases qui posent la scène. Le reste — les deux tiers au moins — doit analyser.
C’est exactement ce que le rapport de jury 2024 reproche aux copies faibles : elles décrivent le dessin au lieu d’analyser le message du dessinateur. Une description parfaite de cent cinquante mots ne vaut que la moitié des points.
06 Rédiger un commentaire calibré
Un dessin de presse fictif montre une salariée assise à son bureau domestique, un ordinateur portable devant elle, tandis qu’une main géante sortant d’un immeuble de bureaux tire sa chaise vers la fenêtre. La légende dit : Back to normal.
Rédigez en anglais un commentaire de 150 mots (± 10 %) de ce dessin. Vous indiquerez le nombre de mots utilisés.
Le plan attendu. Trois mouvements, dans cet ordre : la scène, l’intention du dessinateur, le message et sa portée.
Un modèle possible. The cartoon deals with the forced return to the office. It shows a woman working at a small desk at home, while a giant hand reaching out of an office block pulls her chair away from her. The caption reads “Back to normal”. — Trois phrases de description, quarante mots.
The cartoonist is not neutral. The hand is enormous and faceless, which turns the employer into an impersonal force rather than a person one can argue with. The woman is not consulted : she is simply moved. The word “normal” in the caption is ironic, since the situation shown is anything but ordinary. — L’analyse, environ soixante mots.
The message is that the return to the office is being imposed rather than discussed, and that what employers call normality is in fact a return to control. The drawing warns that firms may recover attendance and lose goodwill. — La portée, une quarantaine de mots. Total : environ 150.
Ce qui fait la différence : le commentaire nomme le dessinateur et son intention, relève l’ironie de la légende, et ne se contente jamais de dire ce qu’on voit. Une conclusion qui tranche est attendue.
07 Rédiger un courriel professionnel calibré
Vous êtes Priya SHAH, responsable de la sécurité chez NORTHWIND LOGISTICS. Vous rédigez un courriel adressé à Helen ASHWORTH, directrice générale, à la suite de sa décision de réduire de moitié le budget de formation à la sécurité. Vous exposez les risques de cette décision et vous proposez une solution de rechange. Formules et présentation d’usage.
150 mots (± 10 %), sans compter les éléments périphériques. Vous indiquerez le nombre de mots utilisés.
Les éléments périphériques, hors décompte : la formule d’appel Dear Ms Ashworth, la formule de politesse Yours sincerely et la signature. Dans un courriel complet, on peut aussi porter les lignes TO, FROM, DATE et SUBJECT.
Le corps, en trois paragraphes.
I am writing about the decision to halve the safety training budget from April. I understand the pressure on costs this year, and I share the aim of protecting margins. — L’objet et la reconnaissance de l’argument adverse. Une bonne copie ne commence jamais par l’attaque.
However, I am concerned about the consequences. Forty of our drivers are due to renew their dangerous goods certificate this year, and the renewal is a legal requirement rather than an option. Cutting the budget would leave us unable to certify them, which would ground part of the fleet. — L’argument, chiffré. Un chiffre vaut mieux qu’un adjectif.
I would therefore suggest keeping the certification budget and reducing the optional courses instead, which would achieve most of the saving. I would be glad to prepare the figures for our meeting. — La proposition et l’ouverture.
Environ cent quarante-cinq mots pour le corps. Ce qui fait la différence : la structure objet / argument chiffré / proposition, le registre poli mais ferme, et une solution de rechange — le jury n’attend pas une protestation, il attend un écrit professionnel.
08 Diagnostiquer une copie
Une copie fictive présente les caractéristiques suivantes. Pour chacune, dites si elle sera sanctionnée, pourquoi, et ce qu’il fallait faire.
a. La note de synthèse fait 312 mots, et le candidat a écrit « 250 mots » à la fin.
b. Le commentaire décrit le dessin pendant cent trente mots, puis conclut en une phrase.
c. La consigne demandait un courriel ; le candidat a rendu une lettre avec adresse d’expéditeur et de destinataire.
d. L’écrit professionnel emploie deux fois le mot « manager » et une fois « the direction ».
a. Sanctionnée deux fois. D’abord pour le calibre : 312 mots dépassent la borne haute de 275, et le rapport 2023 écrit que le non-respect est « pénalisé, parfois lourdement ». Ensuite, et plus gravement, pour le décompte faux : le rapport 2022 signale des tentatives de comptage frauduleux. Un correcteur qui recompte et trouve 312 ne croira plus rien du reste de la copie.
b. Sanctionnée. C’est exactement le reproche du rapport 2024 : la copie décrit au lieu d’analyser le message du dessinateur. Il fallait trente à quarante mots de description, puis cent dix d’analyse.
c. Sanctionnée, et le rapport 2025 le dit mot pour mot : « Plusieurs candidats n’ont pas compris le mot courriel dans la consigne et ont produit un courrier plutôt qu’un email. Ils ont été pénalisés. » Il fallait des lignes TO, FROM, DATE, SUBJECT, et non des adresses postales.
d. Le mot manager est correct ; the direction ne l’est pas. Ce n’est pas du franglais mais un faux ami : direction signifie orientation en anglais. Il fallait écrire the management, the board ou senior management.
Conclusion. Trois de ces quatre fautes ne coûtent rien à éviter : elles ne demandent ni vocabulaire rare, ni grammaire savante, seulement de lire la consigne et de compter. C’est ce que le jury veut dire quand il écrit que le respect de la méthodologie sera autant apprécié que le niveau de langue.